06 juillet 2022

La librairie Calypso célèbre l’Outre-Mer et la Caraïbe

Calypso est la première librairie-salon de thé dédiée aux littératures caribéennes et ultramarines, à Paris. Une initiative de la Guadeloupéenne, Agnès Cornélie. Ne manquez pas la visite en 3D !

À gauche, il y a des titres d’Aimé Césaire, de Maryse Condé, ou encore de Léon Gontran-Damas… A droite, des œuvres de Derek Walcott, Yanick Lahens ou bien Jamaica Kincaid. Une ribambelle de plumes originaires des Outre-mer et de la Caraïbe à découvrir au cœur de la librairie Calypso, à Paris. Après six années de réflexion, Agnès Cornélie, la maîtresse des lieux, savoure enfin la réalisation de son projet. « J’ai toujours rêvé d’avoir une librairie pour les Outre-mer et la Caraïbe, car quand je cherchais des livres sur ces régions, je ne les trouvais pas facilement ou alors, ils étaient mélangés avec de la littérature francophone ou d’Afrique », confie Agnès Cornélie, la gérante, originaire de la Guadeloupe.

Déterminée, Agnès Cornélie a mis sa carrière d’enseignante en suspens et se lance dans l’écriture de son histoire. Elle retourne sur les bancs de l’école pour « apprendre le métier », à l’INFL, l’école de la librairie. Après des stages en librairies et un passage à la Fnac, Agnès Cornélie part à la recherche du local idéal. En janvier 2020, elle déniche une pépite de 35 m2, dans le 11e arrondissement de la capitale. « Je voulais vraiment être dans ce quartier ou dans le 12e parce qu’ils regorgent de librairies », explique-t-elle.

Des douceurs pour l’esprit… et le palais

En mars 2020, Agnès Cornélie doit affronter le confinement. Mais, pas de quoi décourager la libraire de 36 ans. Pour accélérer la réalisation du projet, elle lance une campagne de financement participatif et récolte 11.000 euros (sur les 8.000 demandés), qu’elle injecte dans les travaux. L’intrigue suit son cours et le premier tome de son histoire s’achève le 28 août 2020. Calypso accueille ses premiers visiteurs, qui découvrent les 700 ouvrages références pour petits et grands, mais aussi des jeux de société, des albums… et des gâteaux.

Dans l’arrière-salle de l’enseigne, Agnès Cornélie confectionne un petit espace salon de thé, avec des produits venus d’Outre-mer, comme du thé de Labyrinthe En-Champ-Thé à La Réunion, des gourmandises de la pâtisserie traditionnelle martiniquaise Suréna, du café de Guadeloupe et de La Réunion (le Bourbon pointu), des infusions de citronnelle de l’Herboristerie Créole de Martinique. « Je m’approvisionne sur l’épicerie Exceptions d’Ailleurs. Je fais du chocolat avec du chocolat de la Maison du cacao de Guadeloupe, de la pâtisserie de Surena, et parfois j’ai aussi du tourment d’amour », cite Agnès Cornélie.

Calypso, comme…

Pour dynamiser le lieu, Agnès Cornélie organise aussi des séances de dédicaces avec des auteurs ultramarins comme Mathieu Gama ou plus récemment pour la sortie du roman graphique, Tropiques toxiques, de Jessica Oublié, sur le chlordécone aux Antilles. « Je voulais vraiment que la librairie soit un lieu de joie et de vie », souligne Agnès Cornélie.

Mais, au fait, pourquoi le nom Calypso ?, lui demande-t-on avant de se quitter. Agnès était professeur de lettres classiques (latin et grec). Et, dans la mythologie grecque, la nymphe Calypso est une divinité marine, fille du Titan Atlas. Mais aussi, un style musical originaire de Trinidad-et-Tobago, bien connu dans la Caraïbe. Une double référence évidente.

Sélène Agapé

De nouvelles aventures pour 2021

Les lecteurs ne sont pas au bout de leurs surprises. Voici le programme des prochains jours : des brunchs et cafés littéraires, des heures de contes pour enfant, des expositions… Où Agnès Cornélie trouve-t-elle toute cette énergie, alors qu’elle est seule aux commandes ? « Ce n’est pas possible pour moi d’embaucher quelqu’un pour l’instant. Mais, peut-être que d’ici la fin de l’année, je pourrais proposer un stage », espère-t-elle. Une seconde paire de bras qui lui permettrait de vivre de nouvelles aventures comme celle de la vente en ligne. « J’ai eu des demandes venant de la Guadeloupe ou encore de l’Ecosse », s’émeut Agnès Cornélie. La suite au prochain chapitre.