24 septembre 2022

A Cuba, mojito et vaccin

Depuis le 23 janvier et la diffusion d’un module publicitaire, les autorités cubaines invitent les touristes du monde entier à venir profiter des plages et d’un vaccin.

Une tentative pour attirer les étrangers à fortes devises qui intervient alors qu’à Cuba, nonobstant ce que disent certains influenceurs sur les réseaux sociaux, les contaminations battent des records et que le vaccin qui sera disponible (sera) n’a pas encore passé la phase 3.

Propagande

Les autorités cubaines ont débuté, le 23 janvier, une campagne sur une chaîne vénézuélienne regardée en Am&éique Latine pour faire la promotion du tourisme, principale source de revenus de l’île, avec comme argument la possibilité de se faire vacciner rapidement et quasi gratuitement. 

Cuba a quatre vaccins à un stade avancé de développement, disent les autorités à grands renforts de publicité. La réalité est toute autre. Aucun vaccin n’est prêt à être injecté. Le Soberana 2, qui est le plus avancé, en est à la phase II b. Si tout se passe bien, le vaccin entrerait en phase III, la dernière, avant approbation en mars.

Toujours dans sa phase euphorique, le pouvoir cubain a prévu 100 millions de doses de Soberana 2. D’ailleurs, si l’on en croit toujours les officiels, Cuba va en offrir au Vietnam, à l’Iran, au Venezuela et à l’Inde.

Au-delà de la propagande, la réalité est toute autre.  Cette campagne intervient au moment où les contagions sur l’île battent des records.

Si l’île a été relativement épargnée par la première vague grâce à l’arrêt des liaisons aériennes entre mars et novembre, ainsi que par de fortes restrictions de déplacement interrégions, depuis la fin du mois de décembre et la réouverture des liaisons aériennes, les contaminations montent en flèche.

Paupérisme

De plus, côté timing, la troisième phase, qui déterminera si le vaccin est fiable et efficace, doit permettre de le tester sur des dizaines de milliers de personnes. Ce qui est difficilement compatible avec la volonté des autorités cubaines de l’autoriser dès le mois de mars.

De plus, depuis deux ans, les médicaments les plus élémentaires et les antibiotiques manquent cruellement dans les pharmacies. Certains Cubains, d’ailleurs, se fournissent sur le marché noir, ce qui invite des faussaires à vendre sous le manteau des contrefaçons dangereuses.

Mais, le gouvernement cubain — et ses thuriféraires — préfèrent la propagande et les dollars à la santé de ses concitoyens.