30 novembre 2021

Haïti. Des défis liés à la prochaine rentrée des classes

Le gouvernement d’Haïti a annoncé le report de la rentrée des classes, initialement prévue le 6 septembre, au 21 septembre dans les départements non affectés par le tremblement de terre et au 4 octobre dans ceux qui ont été sévèrement touchés par le séisme meurtrier et dévastateur du 14 août dernier.

Chaque année, la rentrée des classes constitue un véritable casse-tête pour les familles les plus démunies.

Cette année, elle l’est encore plus. Le tremblement de terre du 14 août 2021, de magnitude 7,2, a ravagé plusieurs écoles dans les régions les plus affectées.

Des dispositions seront prises
pour verser des allocations aux parents d’élèves et aux professeurs

Le Premier ministre Ariel Henry est conscient des défis. « Nous avons beaucoup de travail. Il faut enlever les décombres et mettre des structures pour accueillir les enfants dans les écoles détruites par le séisme », a annoncé le chef du gouvernement.

En outre, le locataire de la Primature a annoncé que des dispositions seront prises pour verser des allocations aux parents d’élèves et aux professeurs à cause de l’environnement sociopolitique et économique difficile. Il dit vouloir que tous les élèves des zones ravagées par le séisme puissent reprendre le chemin de l’école au cours de la prochaine rentrée.

Après le tremblement de terre du 14 août,
les défis à relever sont légion et de taille

Le gouvernement aura-t-il le temps de mettre tout en œuvre avant les nouvelles dates fixées pour la rentrée ?  Ariel Henry avait fait de la rentrée des classes sa priorité. Est-ce que c’est toujours le cas aujourd’hui ? Après le tremblement de terre du 14 août, les défis à relever dans les départements des Nippes, du Sud et de la Grand-Anse sont légion et de taille.

Outre des établissements scolaires complètement ou partiellement détruits, il y a des parents qui ont tout perdu dans cette catastrophe. Ces derniers sont actuellement dans l’impossibilité de financer l’éducation de leurs enfants sans l’aide de l’Etat ou d’autres bons samaritains.

Dans la capitale, aucune école ne s’est effondrée mais les défis ne sont pas moindres. Les conditions socioéconomiques des ménages se dégradent. Le coût devient tellement élevé que même les chefs de ménage qui ont un boulot ont du mal à joindre les deux bouts. Les employés de l’Administration qui devraient être des privilégiés ne reçoivent pas toujours leur salaire à temps.

La rentrée des classes reste impossible
dans un grand nombre d’écoles

 Cela est dû notamment au faible niveau des recettes de l’État, à en croire certains responsables. A ce rythme-là, il est à se demander où le gouvernement va trouver des ressources pour verser des allocations aux parents et aux enseignants. 

D’un autre côté, une bonne partie de la capitale échappe au contrôle des autorités policières. Ce sont les gangs armés qui font la loi dans ces zones. Ils peuvent quand ils veulent interdire la circulation, le fonctionnement des écoles, des banques, des églises, des marchés publics, etc.

Des gangs armés créent
de l’insécurité permanente

Ces hommes armés créent un climat d’insécurité sans précédent. Ils sèment la terreur, la panique et ils tuent impunément. Le gouvernement va-t-il prendre en compte ce problème pour permettre aux élèves de retourner tranquillement sur les bancs de l’école ?

La rentrée des classes reste impossible pour un grand nombre d’écoles à Martissant et à Fontamara, deux quartiers de la capitale qui font face aux affrontements sanglants entre les gangs. Ces affrontements meurtriers, qui ont débuté le premier juin dernier, ont poussé la grande majorité des riverains à fuir leurs maisons et vider les lieux.

Ces derniers se réfugient pour la plupart à Carrefour et vivent dans des conditions infrahumaines. Le plus inconcevable dans cette situation, c’est le silence et l’inaction des autorités politiques. Face à un tel dilemme, les parents sont totalement abandonnés.

Trois mois après le début des affrontements entre les belligérants, les victimes de la violence des bandits armés ne peuvent pas retourner dans leurs zones respectives. 

Source : Le Nouvelliste

Lien : https://lenouvelliste.com/article/231417/des-defis-lies-a-la-prochaine-rentree-des-classes