20 janvier 2022

Hommage à « Klodo » : le collectif trouve portes closes au cimetière

Un an après la mort de Claude Jean-Pierre dit « Klodo », à Deshaies, en Guadeloupe, suite à un contrôle de gendarmerie dans des conditions qui restent encore à élucider, le Kolektif Gwadloup kont vyolans a jandam s’est retrouvé face aux portes closes du cimetière de Deshaies.

Contrôlé au volant de son véhicule le 21 novembre 2020, à Deshaies, par la gendarmerie, Claude Jean-Pierre est hospitalisé avec une double fracture des cervicales. L’homme de 68 ans décède quelques jours plus tard, le 3 décembre 2020. Un an après ces faits qui attendent toujours d’être éclaircis, le Kolektik Gwadloup kont vyolans a jandam entendait rendre hommage à « Klodo », ce vendredi 3 décembre.

Sur les lieux du drame

Sur les lieux du drame, près de la mairie de Deshaies, un bouquet de fleurs a été déposé par le petit comité réuni pour l’occasion. Toujours dans le calme, une courte procession a conduit le groupe au cimetière de la commune où est enterré Claude Jean-Pierre. Et là, surprise. Toutes les entrées du cimetière sont verrouillées.

« Nous avions demandé que le cimetière soit ouvert pour rendre hommage à un citoyen de Deshaies qui a perdu la vie dans les circonstances que nous savons, explique Jean-Jacob Bicep. Le cimetière aurait été fermé à la demande de la mairie. En nous mettant aux côtés de la famille de Claude Jean-Pierre pour obtenir la vérité, nous savions que nous nous engagions dans un combat difficile, mais nous ne nous attendions pas à ce que des Guadeloupéens rendent ce combat difficile. »

« Quelle plus grande violence ? »

De retour du cimetière, le collectif s’est installé devant l’hôtel de la ville de Deshaies pour commenter cette situation. D’aucuns estiment qu’il s’agit là d’une nouvelle « injustice » faite à Claude Jean-Pierre. D’autres, comme Félix Flémin, du PCG, ont dit leur « honte en tant que Deshaisien. Quelle plus grande violence que celle que nous vivons actuellement ? Comment comprendre cette situation : ne pas pouvoir rendre hommage à un homme porté en terre il y a un an sans savoir ce qui s’est passé. »

Au final, la gerbe destinée à la tombe de Claude Jean-Pierre a été déposée devant les portes de la mairie, fermées elles aussi.

Sur le plan judiciaire, peu d’évolutions depuis un an, les expertises sont toujours en cours et, deux gendarmes auraient été entendus comme « témoins assistés ».

Cécilia Larney

Une nouvelle injustice

« Nous n’oublierons pas ce qui s’est passé aujourd’hui, a promis Jaklyn Jacqueray, présidente du Comité international des peuples noirs (CIPN). Un an après le lâche assassinat d’un homme, on nous refuse le droit de nous recueillir sur sa tombe. C’est trop d’injustice. Mais, nous reviendrons à Deshaies pour une veillée et d’autres manifestations en hommage à Claude Jean-Pierre ! »