21 mai 2022

Guadeloupe. Quel accompagnement pour les soignants suspendus ?

Sur les 1200 soignants suspendus en Guadeloupe, 631 se sont inscrits sur la plateforme d’écoute et de dialogue. Pour ceux qui, au terme du délai de réflexion auront refusé la vaccination, un dispositif spécifique, voulu par les ministres de la Santé et des Outre-mer, pour les Antilles, permettra de les accompagner.

En Guadeloupe, sur les 16 500 professionnels de santé concernés par l’obligation vaccinale, près de 95 % d’entre eux sont en conformité. « Un chiffre qui augmente régulièrement », selon l’Agence Régionale de Santé. Au CHU de Guadeloupe, sur 3665 professionnels de santé concernés par l’obligation vaccinale, l’Agence Régionale de santé indique que « 266 soignants ont été suspendus, dont une centaine qui a finalement opté pour la vaccination. »

La moitié des soignants suspendus a adhéré à la cellule d’écoute

Pour aider les soignants suspendus à se positionner par rapport à l’obligation vaccinale, une plateforme d’écoute et de dialogue a été mise en place, le 6 décembre 2021. Les dernières inscriptions ont été enregistrées le 31 décembre.

En Guadeloupe et dans les Iles du Nord, sur les 1200 soignants suspendus, 631 (37 libéraux et 594 salariés) ont adhéré au dispositif d’écoute et de dialogue. Sur ces 631 soignants pris en charge par la plateforme d’écoute et de dialogue, 312 sont rattachés à un établissement de santé. Un tiers d’entre eux a choisi, au terme de leur période de réflexion, de se faire vacciner. Ceux-là réintégreront leur activité de soignant.

Un dispositif spécifique

A ce jour, les entretiens et retours de décision de certains soignants étant toujours en cours. Pour autant, 129 professionnels de santé ont d’ores et déjà fait connaître leur volonté d’être accompagnés pour une reconversion professionnelle. Les professionnels qui auront refusé la vaccination au terme de leur période de dialogue seront pris en charge par le Comité dédié à l’accompagnement du personnel de santé suspendu, coordonné par Florus Nestar, directeur général de Ladom.

 « Il s’agit d’un dispositif unique et spécifique aux Antilles, a rappelé Alexandre Rochette, préfet de Guadeloupe. Grâce à leur démarche d’inscription volontaire sur la plateforme d’écoute et de dialogue, les soignants suspendus pourront se voir proposer des solutions adaptées à leur situation. Le Comité de coordination les accompagnera pendant cette période de transition. »

Mise en place le 27 décembre, sous l’égide du préfet de Guadeloupe, le Comité de coordination débutera ses activités avec les soignants non-vaccinés qui avaient adhéré à la cellule d’écoute et de dialogue, à compter du 17 janvier.

Cécilia Larney

Quelles options pour les non-vaccinés ?

Salariés, contractuels de droit public ou de droit privé, ont deux options : préparer une reconversion professionnelle ou engager une procédure de rupture conventionnelle de contrat.

Pour les salariés de droit public, l’Etat s’engage à prendre en compte la sur-rémunération Outre-mer dans le calcul des indemnités. Ces salariés pourront aussi bénéficier d’une avance de trésorerie en cas de besoin. « Pour les salariés de droit privé, le calcul de l’indemnisation est en cours d’harmonisation », précise Valérie Denux, directrice de l’Agence Régionale de santé.