10 décembre 2022

Un cri d’alerte des métiers de l’hôtellerie de Martinique

« Depuis mars 2020 à la Martinique, nous pouvons faire un sérieux constat avec les professionnels de l’UMIH 972 : il y a eu 1 journée, une seule et unique qui n’a pas été marquée par des restrictions. »

C’est le constat tragique fait par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de la Martinique.

A plusieurs reprises, UMIH régional a prévenu les autorités. Le tableau d’une situation dramatique a été dressé pour la Guadeloupe et la Martinique fait face à une situation identique.

Cette Union vient de sonner le tocsin d’une profession qui emploie dans cette île des dizaines de milliers de personnes.

Les faits parlent d’eux même : à la Martinique, expliquent les professionnels, « nous avons eu depuis mars 2020 :

  • 8 mois de confinement en 4 fois avec une menace de 5ème confinement
  • 7 mois de motifs impérieux pour voyager en Martinique
  • Des fermetures de restaurants
  • Des septaines pour les voyageurs
  • 6 mois de couvre-feu
  • Des protocoles stricts sur la restauration (pass sanitaire, jauges, cahier de rappel,distanciation)
  • Et pour couronner le tout, une crise sociale particulièrement dure pour le démarrage de la saison touristique. »

    Morceaux choisis d’un communiqué de l’UMIH972 :

    « Il est important de rappeler que l’activité touristique à la Martinique est saisonnière : le chiffre d’affaires de l’année se fait pendant l’hiver. Une saison qui démarre en décembre pour se terminer fin mars. Pendant ces 4 mois, les professionnels du secteur font en moyenne 50% de leur chiffre annuel, les 50% restants se font sur les 8 autres mois de l’année. »

    « Face à ce constat, les entreprises travaillent en grande partie avec la clientèle résidente (seulement 30% de notre marché) mais le maintien du couvre-feu sur l’île a un impact considérable, surtout pour les restaurateurs. »

    « Ces arrêts et redémarrages d’activités sont moralement épuisants pour les professionnels du secteur. Ils représentent des pertes non évaluées par l’Etat (recrutements, formations, achats de marchandises) et n’offrent aucune visibilité aux entreprises les empêchant de construire une stratégie. »

    Conclusion : « Face à ce bilan lourd depuis 2 ans, une destination saisonnière et incertaine mais aussi des aides défaillantes, il est primordial de mettre en exergue que les entreprises sont « cassées » : moralement, financièrement et surtout dans leur stratégie de développement. »

    « L’Etat ne prend pas la mesure… »

    L’Etat se gargarise de mesures prises en faveur des entreprises. Qu’en est-il pour celles des Outre-mer dans cette période critique ?

    L’UMIH 972 répond :

« L’État a annoncé le quoiqu’il en coûte pour sauver les entreprises et a essayé d’apporter des mesures permettant aux entreprises de se maintenir mais quelques précisions sont à apporter. »

  • Le PGE n’est pas une aide mais un prêt qu’il faut rembourser, pire c’est un prêt sur des besoins de trésorerie et donc des pertes d’exploitation et non pour un investissement permettant un développement in fine.
  • Le fait de conditionner l’éligibilité au Fonds de solidarité au fait de l’avoir obtenu au 1er semestre 2021 excluent du Fonds de solidarité toutes les entreprises n’ayant pas pu avoir le Fonds de solidarité au 1er semestre quand bien même leur activité est impactée sur le 2nd semestre 2021.
  • Les conditions de seuil (-50% de CA) pour l’obtention des aides dites coûts fixes ou l’activité partielle excluent par exemple les entreprises qui font -49% ou -40% ou -30% de CA ce qui est déjà dramatique surtout après 2 ans de crise.

    « Concrètement, il est important de soulever la question de quelles entreprises obtiennent réellement ces aides proposées par l’état ? Ne sont-elles pas dérisoires voire inexistantes face aux pertes cumulées des entreprises sur le long terme ? La réponse est définitivement oui. Avec ces critères d’éligibilité des aides, l’État ne prend pas la réelle mesure de leurs pertes », mortelle l’UMIH972.

    L’UMIH972 lance un appel — qui pourrait être le même en Guadeloupe :

    « L’UMIH Martinique demande à l’État en urgence de considérer ce petit territoire durement impacté par la crise sanitaire en faisant droit aux différentes négociations en cours : abaissement des seuils, revoir de manière rétroactive les fonds de solidarité du second semestre 2021, prolongation des mesures sur 2022. L’UMIH Martinique appelle surtout l’État à ne pas sacrifier notre secteur et notre territoire dont l’équilibre était déjà tellement fragile. »