19 août 2022

Santé. Le Centre hospitalier Gérontologique de la Guadeloupe, établissement modèle

En 2030, la Guadeloupe devra faire face à un problème aigu, celui du vieillissement de sa population. Un tiers de la population guadeloupéenne sera âgé de 60 ans et plus contre un quart en 2017. Ce qui, bien en amont, requiert de prévoir des réponses en matière d’infrastructures de santé, de formation et de logement.

Le Département, sous la houlette de Guy Losbar, son président, a choisi de placer la politique d’autonomie au cœur de ses priorités. L’exécutif départemental, accompagné de conseillers départementaux, a effectué une visite du CHG de la Guadeloupe Jacques-Salin à Palais Royal, aux Abymes, ce mercredi.

C’est un bel établissement, bien agencé, clair, aux volumes ouverts sur l’extérieur, avec des patios et des coursives « vertes ».

Guy Losbar, accompagné d’un aréopage comprenant Gabrielle Louis-Carabin, maire du Moule, vice-présidente du Conseil départemental, présidente de la Commission Personnes âgées, Francesca Faithfull, membre de la Commission Personnes âgées, Corinne Lacascade, présidente du conseil de surveillance du Centre Hospitalier gérontologique de la Guadeloupe, Louis Galantine, vice-président du conseil départemental, Rosan Rauzduel, conseiller communautaire de Cap Excellence, a parcouru l’ensemble du centre, guidé par Youri Bangou, directeur de l’établissement.

Chantal Laguerre, cadre de santé, les a accueillis dans son service avant de leur faire visiter les différentes salles d’accueil des pensionnaires de l’établissement.

Chantal Laguerre, cadre de santé, a fait visiter son service.

Une petite dame bien sage dans son fauteuil se fait tresser les cheveux, plus loin un petit groupe est réuni autour d’une table ronde. S’il y a un ou deux pensionnaires qui semblent impatients — ils attendent quelque chose, une collation, de passer à table, le moment de jouer —, le service est calme, prenant la lumière par de grandes baies vitrées qui donnent sur un patio planté d’atoumos et d’arbustes.

« Je trouve remarquable, lance le président Losbar, cette décoration, ce sentiment de bien-être qui émane des lieux. » Mme Laguerre lui montre des décorations murales, réalisées avec des matériaux de récupération. Réalisées par le personnel et certains pensionnaires qui manifestent un réel intérêt pour ces travaux de décoration.

Youri Bangou insiste sur cette complicité qui se lie facilement entre pensionnaires et soignants qui fait que les séjours passent plus vite, sans que s’installe une monotonie, une atonie, qui pourrait être préjudiciable aux pensionnaires et déprimante pour les personnels.

Youri Bangou :

A l’issue de la visite, le directeur de l’établissement a dit ses espoirs que le Centre Hospitalier Gérontologique de la Guadeloupe puisse récupérer des bâtiments qui sont occupés actuellement par certains services déménagés après l’incendie du CHU. Ces bâtiments doivent être libérés quand les services rejoindront le nouveau CHU, à Perrin. Ce qui permettra, plutôt que d’avoir, comme aujourd’hui, deux antennes du CHG, de regrouper tous les services et éviter, en récupérant les matériels médicaux pour les radios, entre autres, que les pensionnaires ne soient contraints de se déplacer jusqu’au CHU.

Actuellement, le CHG comprend :

• 145 lits d’EHPAD
• 120 lits d’USLD (Unité de Soins de longue durée)
• 40 places d’EHPAD
• 10 places d’accueil de jour
• Répartis provisoirement sur deux sites aux Abymes : Morne Vergain (MV) et Palais Royal (PR).

Ramener tout à Palais Royal serait de saine administration.

Dans sa réponse, le président Guy Losbar a rappelé les priorités du Département en la matière.

« Le Département est le chef de file de la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Le rôle de la collectivité dans ce champ de compétence s’articule autour de trois missions : la solvabilisation des personnes concernées – qui passe par l’attribution par le Conseil départemental de plusieurs prestations, l’organisation de l’offre de services à domicile et d’hébergement, la coordination de l’action gérontologique.
La politique d’autonomie du Département a fait d’abord le choix de prioriser le maintien à domicile tout en assurant un accueil de qualité aux personnes âgées hors de leur domicile. »

Guy Losbar :

En savoir plus :

Les orientations 2022

1. Accueillir le public âgé et mieux prendre en compte ses besoins

Améliorer l’accueil du public au sein des services du Département
Utiliser tous les leviers disponibles pour améliorer les délais de traitement des dossiers.

2. Soutenir à domicile les personnes âgées vulnérables

Assumer l’augmentation de la dépense liée aux dispositifs d’aide à domicile pour respecter et accompagner le choix des usagers (APA, aide-ménagère ….)
Maintenir une offre diversifiée d’aides extra légales pour un meilleur soutien à domicile des personnes âgées : garde itinérante de nuit, téléassistance et assistance sénior (cumul des 2 premières prestations)
Mise en oeuvre d’actions nouvelles en matière d’aide alimentaire en faveur des personnes âgées.

3. Développer le partenariat avec les CCAS et les autres partenaires

Le nouveau schéma de l’autonomie permettra de concrétiser les travaux menés avec les CCAS sur le développement de l’action sociale de proximité en termes d’animation, de développement des services, de centres avancés d’information, de prévention et d’information, d’actions de mobilisation des familles auprès de leurs ainés.

La coopération sera également renforcée avec les partenaires ainsi que les Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile (SAAD), Services Soins Infirmiers à Domicile (SIAD), MAIA (Méthode d’Action pour l’Intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’Autonomie), GIP/RASPEG, mandataires judiciaires, juges aux affaires familiales, juges des tutelles et le Parquet.

4. Optimiser les solutions d’hébergement des personnes âgées

Le Département accorde une aide sociale à l’hébergement, véritable avance sociale sur frais d’hébergement, après déduction de la participation de l’usager à hauteur de 90 % de ses ressources, complétée de celle de ses obligés alimentaires et de l’allocation logement. Cette aide relativement stable est récupérable sur la succession au décès du bénéficiaire.

En 2021, l’offre d’hébergement en institution s’élève à 1518 places pour une capacité éligible à l’aide sociale de 1324 places.

Au 31 décembre 2021, 993 personnes âgées bénéficiaient de l’aide sociale à l’hébergement (ASH) soit 68% des places habilitées à l’aide sociale en EHPAD, pour un coût mensuel moyen de 3000 € et un montant moyen de l’ASH de 2200 € par bénéficiaire.
La pandémie a rappelé l’importance du dispositif d’aide sociale à l’hébergement en EHPAD et en famille d’accueil, notamment en faveur des personnes isolées. Cependant, l’accessibilité financière aux EHPAD reste l’élément déterminant de l’arbitrage des familles.

Dans ces conditions, outre la maîtrise des tarifs d’hébergement en EHPAD, la collectivité s’active à user de tous les leviers pour permettre à ceux qui le souhaitent d’être accueillis dans ces établissements.