25 septembre 2022

Variole du singe. Une nonchalance coupable ?

© CDC. Image agrandie d’une lésion de la peau d’un singe infecté par le virus de la variole du singe.

La France prend-elle suffisamment la mesure de l’épidémie de variole du singe ? En fait, le gouvernement français, traumatisé par les deux années de pandémie de la Covid-19, est-il prêt à affronter une nouvelle crise ?

Certains experts n’hésitent pas à dire que cette nonchalance face à la variole du singe pourrait coûter cher à terme.

Que se passe-t-il ? Depuis l’arrivée de la maladie sur le territoire national, le nombre de cas positifs ne cesse d’augmenter : plus de 1 500 personnes seraient déjà contaminées.

Or, à part ouvrir un centre de vaccination à Paris, il ne semble pas que le ministère de la Santé fasse grand-chose.

Pourtant, samedi 23 juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché son plus haut niveau d’alerte concernant cette épidémie de variole. Une décision rare, qui se justifie par des chiffres alarmants. Ce qui veut dire l’inquiétude des autorités internationales qui compilent les différentes infirmations sanitaires issues des pays.

L’Organisation mondiale de la santé, depuis, tente de mobiliser les États : 16 000 cas ont été répertoriés dans plus de 75 pays, alors que la maladie se cantonnait habituellement à l’Afrique, notamment autour du bassin du Congo. Depuis plusieurs semaines, la Caraïbe n’est pas épargnée.

L’épidémie de variole du singe se répand en Europe depuis mai. En Martinique, il y a eu un cas jusqu’à présent. Deux en Guadeloupe. Un traitement efficace existe déjà, les publics les plus à risques sont identifiés et désireux de se faire vacciner. Même la technique de dépistage est opérationnelle, si bien que la Haute autorité de santé a souhaité dans un avis, rendu public par voie de communiqué, que le dépistage soit remboursé par la Sécurité Sociale.

Pour ce qui est de la vaccination des personnes à risques, alors que le gouvernement refusait de communiquer sur le nombre de doses à disposition, Têtu a révélé, le 21 juillet, que 30 000 doses avaient été mises à disposition. L’association Aides estime de son côté le besoin à 300 000 doses.

On en est loin. Nonchalance, peut-on dire…

André-Jean VIDAL