17 août 2022

Kassav’ : des traditions à l’universalité, un ouvrage pour le vivre-ensemble

Publié aux éditions du Net, l’essai de Body Ngoy a été présenté au Canada, en Martinique, puis à l’hôtel Arawak, en Guadeloupe, le 5 août. La tournée de présentation se poursuit au Congo.

Installé au Canada, le Congolais Body Ngoy est très impliqué au sein de la communauté noire francophone d’Ottawa. Illustrateur de bandes dessinées et auteur, Body Ngoy est résolument engagé dans la mise en avant de « la valeur ajoutée des communautés noires ». Un thème de prédilection qui trouve une résonance particulière avec son essai, Kassav’ : des traditions à l’universalité (Les Editions du Net).

Un ouvrage en guise de contribution au « vivre-ensemble ». Une notion, très répandue, telle une rengaine, mais si très rarement mise en œuvre au quotidien. L’affaire George Ffloyd est venue le rappeler à la face du monde, en mai 2020.

Valoriser le génie noir à travers Kassav’

« Après cet événement, je me suis dit qu’il fallait pour montrer au monde que nous avons de la richesse, explique Body Ngoy. On ne peut pas continuer à être traités comme des animaux ou comme des esclaves ! Pour écrire cet ouvrage, j’avais besoin d’un modèle de réussite, du génie africain, du génie noir, d’afro-descendants modernes. »

Kassav’, mythique groupe de zouk, inspiré de la musique traditionnelle des Antilles, qui a parcouru le monde depuis la Guadeloupe, affiche un fabuleux parcours de réussite. De véritables ambassadeurs de la culture antillaise.

« J’ai découvert Kassav’, à Kinshasa, quand j’avais 15 ans, et ce souvenir m’a toujours accompagné. Le clip de Siyé bwa a d’ailleurs été tourné à Kinshasa. A travers Kassav’, en plus du succès mondial, il y a l’héritage culturel d’Afro-descendants que nous partageons. C’est ce qui a frappé les Africains quand Kassav’ est venu : ils sont Noirs, leurs sonorités musicales ressemblent aux nôtres, mais on ne comprend pas ce qu’ils disent ! »

Le clip Syé bwa, de Kassav’, tourné à Kinshasa.

Bientôt au Congo

Pour Body Ngoy, ce riche héritage doit être montré au monde et continuer d’être exploité. « Pour favoriser le vivre-ensemble, en plus de nos talents à valoriser, il faut un cadre pour instaurer le respect mutuel, comme ils l’ont fait dans Kassav pour créer, travailler ensemble pendant 42 ans. »

Body Ngoy considère « comme une mission » le partage des valeurs auxquelles il croit : le vivre-ensemble, la valorisation des talents, le respect mutuel, l’affirmation identitaire…

En tournée promotionnelle de son essai, sorti en avril, Body Ngoy s’est arrêté en Martinique, où il a rencontré Jocelyne Béroard, chanteuse historique de Kassav’, puis en Guadeloupe. Body Ngoy a été l’invité des Kafés de l’Arawak (Le Gosier), ce vendredi 5 août. Au cours de son séjour, l’auteur a pu échanger avec Pierre-Edouard Décimus, co-fondateur de Kassav’. Dans les prochains jours, Body Ngoy présentera son ouvrage au Congo.

Cécilia Larney