09 décembre 2022

Saint-Barthélemy. Après la réouverture du port le président Xavier Lédée fait le point

Ce lundi, un blocage du port de Gustavia a été mis en place par un collectif de pêcheurs d’une vingtaine de bateaux.  Le principal motif de ce blocage était le prix élevé du litre d’essence et la volonté de voir ce prix fixé à 1€. 

Avant même ce blocage, le travail était en cours depuis des mois avec déjà des avancées sur le sujet.

Ce qu’a tenu à préciser Xavier Lédée, président de la Collectivité de Saint-Barthélemy.
« C’était d’ailleurs pour moi tout le paradoxe de ce blocage : faire face à des pêcheurs qui tout en bloquant l’entrée du port, reconnaissaient le travail entrepris depuis 7 mois et s’en félicitaient tout en déplorant le sentiment de n’avoir pas été considérés depuis le passage en Collectivité, le fait que l’essence ne soit plus aussi accessible à Saint-Martin, et le manque de poissons lors des sorties de ces dernières semaines, autant d’éléments qui ne sont pas du ressort de la nouvelle majorité, combien même ils sont recevables. »

Cette accumulation a généré une impatience devant les résultats alors même que de nouvelles avancées arrivaient indépendamment du mouvement de cette semaine, affirme Xavier Lédée qui détaille :  

  • Le 16 novembre, une baisse de 17 centimes résultant de la réduction de la remise d’Etat sur les carburants. Celle-ci était applicable au 22 Novembre et la Collectivité en a été informée par la Sara la veille comme il est de coutume lors de modifications sur la structure des prix.
  • Le 18 novembre, la confirmation par la préfecture, suite au travail effectué par Maxime Dessouches ces dernières semaines, qu’une diminution de 13 centimes sur la marge commerciale était possible dès lors que des volumes suffisants étaient achetés. Ainsi, en travaillant sur l’approvisionnement en carburant des pêcheurs par le biais du Comité des Pêches, cette marge de manœuvre aurait pu être mise en place dès hier et elle l’a été dès la levée du blocage. 

Ces 2 éléments indépendants du blocage sont ceux qui permettent aujourd’hui d’arriver à ce tarif de 1€13 à la pompe sans toucher à l’équilibre du code des contributions.

« La revendication étant de 1€, j’ai expliqué aux pêcheurs pendant toute cette période de tension pourquoi la Collectivité ne pouvait ni proposer ce prix, ni s’engager sur l’avenir et sur un gel du tarif. Si les échanges ont été âpres, parfois vifs, nous avons réussi à nous entendre sur le fait que ce n’était pas la meilleure direction à prendre. »

En revanche, explique le président Lédée, « nous avons des marges de manœuvre sur lesquelles nous devons travailler et c’est ce que je me suis engagé à faire d’ici le vote du budget 2023, dans la continuité du travail en cours.
Nous avons estimé à 91 000€ la somme équivalent à ce delta de 13 centimes. Nous trouverons cette somme en négociant avec la SARA, avec Rubi, avec l’Etat mais aussi avec les services de la Collectivité et les pêcheurs eux-mêmes en analysant l’ensemble de leur fonctionnement pour repérer ce qui doit être amélioré et ce sur quoi nous pouvons avancer ensemble. » 

Le souhait de trouver une sortie juste

En parallèle, certains éléments comme l’amélioration des pompes sur le port de commerce ont été confirmés, de manière concrète, les pêcheurs sentant le besoin d’être rassurés. 

Il conclut : « Je redis ici que le blocage n’est pas la bonne méthode et n’est pas une façon de faire acceptable. La communication doit rester au cœur de nos priorités, même si comme tout le monde, nous ne sommes pas parfaits. Il est évident qu’avec une meilleure qualité d’échange, la confiance en la nouvelle équipe aurait pu être meilleure, d’autant que des résultats concrets avaient été obtenus, d’autres étant imminents.
Je dois aussi dire qu’à mon niveau, si les échanges ont parfois été virils, ils sont également restés corrects et concentrés sur le concret de la situation des marins pêcheurs. D’une manière générale, le mouvement, bien qu’illégal, n’a d’ailleurs pas connu les débordements souvent liés à ces blocages, population et pêcheurs ayant su rester « raisonnables ».
Certains trouveront que le ton des dernières revendications ne manifestait pas une volonté de coopération. Peut-être. Mais le fond me semblait bien plus important que la forme. Il n’était pas ici question pour moi de savoir qui étaient les gentils et qui étaient les méchants. Il s’agissait avant tout de trouver une sortie juste, de s’assurer que l’économie ne soit pas davantage pénalisée à 2 jours des fêtes de Thanksgiving et que les déplacements vers Saint-Martin (en particulier les déplacements médicaux) ne soient pas bloqués plus longtemps.
»