06 février 2023

Polémique. Prix des billets d’avion : « A quand la fin de la mascarade ! » demandent les socialistes

Les premiers secrétaires des Fédérations socialistes de Martinique et de Guadeloupe, Béatrice Bellay et Olivier Nicolas, secrétaire nationale à l’Egalité réelle et secrétaire national aux Outre-mer du Parti socialiste, ont pris la plume — un peu tardivement, le débat est ouvert depuis une semaine — concernant les tarifs aériens et la continuité territoriale. Mieux vaut tard que se taire !

Que disent-ils ? Ils reviennent sur l’historique de la reprise de la compagnie aérienne Corsair : « Le 5 février 2021, à l’issue de longs débats, l’Assemblée plénière de la Collectivité de Martinique a pris la décision d’entrer au capital de Corsair. Ainsi, grâce à un consortium composé d’entrepreneurs privés et de collectivités locales des Outre-mer (dont également la Région Guadeloupe), avec un soutien de l’Etat à hauteur de 136,9 millions d’euros, la compagnie aérienne, qui exploite depuis les années 80 des lignes aériennes entre la France hexagonale et les territoires dits « d’Outre-mer », pouvait poursuivre son activité et échapper à la faillite.

La Commission européenne avait ensuite donné son aval à cette opération en indiquant, que cette opération contribuerait « à assurer la poursuite ordonnée des services de vol, dans l’intérêt des passagers, et à maintenir la connectivité avec les territoires français d’outre-mer, sans fausser indûment la concurrence dans le marché unique ». »

Ils font ensuite un constat, celui des prix forts : « Aujourd’hui, alors que chacun constate une flambée du prix des billets d’avion depuis et vers les Outre-mer qui pèse sur le budget des ménages et qui détériore l’attractivité touristique de nos territoires, les socialistes de Martinique et de Guadeloupe demandent que les collectivités locales ultramarines actionnaires de Corsair interviennent de manière volontariste au sein des instances appropriées pour défendre les intérêts de nos populations. »

Après avoir constaté que les collectivités locales ultramarines sont muettes sur le sujet, ils témoignent des manquements flagrants :

.« Les résidents des Outre-mer (familles, étudiants, sportifs, acteurs de la culture, etc.) doivent-ils se résigner à être durablement assignés à résidence ?

. Devons-nous nous résigner, sans agir, ni mot dire, à être les victimes consentantes de ces tarifs devenus prohibitifs et abusifs et des conditions de voyage bien moins favorables que sur des tronçons transatlantiques équivalents (USA, Canada, Amérique du Sud…)

. Avons-nous raison de suspecter que la concurrence promise aurait laissé la place à des ententes pour maintenir des prix injustement élevés ? »

Ils incitent ceux qui ont mis au pot des offres de reprises d’entrepreneurs locaux (eux aussi muets devant la flambée des prix…) à s’exprimer : « Nous l’affirmons : nous ne voulons pas de mesurettes d’aide à la mobilité ! Nous réclamons la mise en œuvre d’un véritable principe de continuité territoriale avec la possibilité, pour les collectivités comme la CTM ou la Région Guadeloupe de mettre en place des délégations de service public aériennes financées par l’Etat ! »

Béatrice Bellay et Olivier Nicolas prennent l’exemple de la Corse qui, quoique rebelle, bénéficie d’aide à la continuité territoriale.

Et font un constat sans appel (sauf le leur) : « Dans la réalité, dans le cadre des dispositifs actuels de continuité territoriale, pour tout l’Outre-mer seuls 8 589 résidents à faibles revenus (soit 0.4% de la population OM) ont bénéficié du dispositif classique de voyage mené par LADOM ! Soit une aide moyenne de 322.5€ ! Valable 1 fois tous les 2 ou 3 ans ! »