05 février 2023

Politique. « La laïcité est un pilier de notre République », affirme Elisabeth Borne

Ce 9 décembre, c’est la Journée de la laïcité. Elisabeth Borne, Première ministre, s’exprime dans nos colonnes.

« Nous célébrons, ce 9 décembre, la journée nationale de la laïcité.
La laïcité est un pilier de notre République.
C’est elle qui permet à chacun, au sein de la communauté nationale, de conjuguer liberté et vivre ensemble. Au cœur de notre cohésion nationale, la laïcité constitue un rempart contre les séparatismes religieux. Elle promeut des principes essentiels : la liberté de croire ou de ne pas croire, la possibilité d’exercer paisiblement son culte, la séparation des sphères publique et privée, la neutralité des services publics.


Ces principes sont aux fondements de notre République.

Il nous appartient de les protéger, mais aussi de les faire connaître, car ils sont parfois mal compris – voire dévoyés ou attaqués pour des motifs politiques.
Le dernier
« état des lieux de la laïcité », publié par le ministère de l’Intérieur et des Outre-mer, montre l’attachement de nos concitoyens au principe de laïcité, mais aussi leurs regrets de la voir parfois instrumentalisée.
Tandis que certains parlent de
« laïcité ouverte », parfois pour justifier des propos communautaristes, d’autres prétendent défendre une « laïcité de combat », pour pointer du doigt une partie de la communauté nationale.
Je ne crois pas pour ma part que la laïcité doive être précisée par un quelconque adjectif. Et le meilleur moyen de lutter contre ces discours qui la dévoient, c’est de mieux la faire connaître, de diffuser plus largement les droits qu’elle ouvre et les libertés qu’elle préserve.
»

La laïcité, c’est le respect de l’autre

Selon une étude Viavoice commandée par le ministère de l’Intérieur et des Outre-mer, il existe
toujours un fort attachement des Français au principe de laïcité : ainsi plus de 7 Français sur 10 se
déclarent attachés à ce principe (score stable par rapport à l’édition 2021 du sondage). Sur ce
point, il faut noter que les plus jeunes (18-24 ans) adhèrent moins unanimement à la laïcité, qui reste
toutefois majoritaire (62%), que les plus âgés (plus de 65 ans, 85% d’adhésion).

En fait, et le reste de l’étude l’indique, la plupart de Français ne savent pas ce qu’est la laïcité.

La laïcité, ce n’est pas critiquer les religions. C’est respecter toutes les religions qui, à leur tour, respectent les autres religions, les symboles de l’Etat et la diversité de pensée, philosophique et religieuse au sein de la cité prise au sens large.

Des mesures à appliquer

Le Comité interministériel de la laïcité (CIL) créé le 15 juillet 2021 vise au respect et à la protection
de l’équilibre de notre modèle de laïcité qui concilie l’exercice des libertés individuelles avec
l’exigence de cohésion républicaine.
Le premier Comité interministériel de la laïcité (CIL) a tracé une feuille de route comprenant
17 engagements concrets pour renforcer la laïcité :

. Renforcer l’application du principe de laïcité par tous les organismes chargés d’une mission
de service public
. Nommer des référents laïcité et faire vivre le réseau des référents laïcité
. Renforcer le contrôle de la bonne mise en œuvre du principe de laïcité
. Actualiser la charte de la laïcité dans les services publics
. Former 100% des agents publics sous 4 ans
. Former spécifiquement les publics les plus concernés
. Déployer de nouveaux outils adaptés aux besoins de chaque agent public
. Accompagner les acteurs du sport et de la jeunesse
. Coordonner la bonne application du principe de laïcité dans les territoires
. Agir avec les associations d’élus
. Veiller au respect des valeurs de la République par les associations
. Accompagner les entreprises dans la gestion du fait religieux
. Produire et diffuser les connaissances sur le principe de laïcité
. Célébrer au plan national la journée nationale de la laïcité
. Promouvoir la laïcité
. Mobiliser le réseau diplomatique et consulaire pour une diplomatie d’influence en faveur du modèle français de laïcité
. S’assurer de l’efficacité de l’action interministérielle sur le terrain