Figure emblématique de la rébellion de 1802 en Guadeloupe, Solitude, de son vrai nom Rosalie, est un personnage historique devenu héroïne littéraire.
Incarnation de la résistance des esclaves noirs qui ont lutté contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe, activiste pour la liberté, l’histoire de Solitude s’est transmise à travers un témoignage oral repris par l’historien Auguste Lacour, dont l’écrivain André Schwarz-Bart s’inspira pour son roman La mulâtresse Solitude, paru en 1972. Qui était vraiment Solitude et quelle était son histoire ?
Retour sur le destin d’un personnage mythique, entre réalité et fiction, à travers des archives de l’écrivaine Simone Schwarz-Bart et les témoignages de Myriam Cottias, historienne et directrice de recherche au CNRS, Romuald Fonkoua, directeur de l’UFR de littérature, et Frédéric Régent, maître de conférences en histoire.
Solitude est née esclave. Sa peau claire et ses yeux colorés en disent long sur les atrocités que sa mère, arrachée à sa terre natale, a dû subir à bord du bateau négrier qui les a conduites toutes deux en Guadeloupe.
Désormais en âge de raison, la jeune femme prend peu à peu conscience de sa condition et voue son existence à un seul but, le combat contre l’esclavage.
Solitude, l’insoumise

Lors de la première abolition, en juin 1794, elle trouve refuge auprès d’une communauté de « marrons », ces esclaves insoumis qui ont fui les plantations. Mais, en 1802, le général Richepance est envoyé par Napoléon Bonaparte pour rétablir l’ordre colonial sur l’île et s’opposer aux résistants menés par le colonel Delgrès, chef militaire républicain et anti-esclavagiste. L’insoumise Solitude rejoint les rebelles à Pointe-à-Pitre, avant d’être faite prisonnière. Enceinte, elle est condamnée à mort, puis pendue au lendemain de son accouchement.
Entre mémoire et fiction, Solitude, l’esclave marronne et révoltée, est devenue un symbole majeur de la lutte contre l’oppression et de la réappropriation de l’histoire antillaise.
Si la contribution des femmes à la résistance à l’esclavage a longtemps été invisibilisée, la redécouverte de figures comme Solitude a contribué à leur redonner une place. Pour preuve, deux statues à son effigie ont été érigées, en 1999 et en 2022, respectivement dans la commune des Abymes en Guadeloupe et dans le XVIIe arrondissement à Paris.
Mardi 13 janvier, à 20.10 sur Guadeloupe La 1e
























