L’histoire, décidément, semble vouloir se répéter.
Le Groupe des Éminentes Personnalités de la Caricom refait surface dans le paysage politique haïtien, une fois de plus dans le rôle de médiateur. Après avoir piloté le processus de dialogue ayant abouti à la création du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’organisation régionale tente de renouer les fils d’un consensus aujourd’hui fragilisé.
Vendredi, lors d’une rencontre virtuelle, les émissaires de la Caricom ont réuni autour d’eux plusieurs représentants de regroupements politiques et d’organisations de la société civile.
Tous avaient un point commun : la présentation de propositions visant à remplacer le CPT avant l’échéance symbolique du 7 février. Une démarche qui témoigne, à la fois, de l’impasse politique actuelle et de la volonté persistante de certains acteurs de redéfinir les contours de la transition deux ans après.
Le Conseil présidentiel de transition a manifestement failli à sa mission. Et voilà que son principal architecte s’affaire déjà à tisser les mailles de son remplacement, en recourant au même schéma de concertation qui avait mené à la création du CPT. Sauf que cette fois, le scénario change : les principaux signataires de l’accord du 3 avril ont refusé de répondre à l’appel du Groupe des Éminentes Personnalités de la Caricom.
Le Groupe des Éminentes personnalités de la Caricom voulait avoir la position des acteurs haïtiens sur la fin du mandat du CPT le 7 février avant sa participation à une rencontre avec des dirigeants de pays dits amis d’Haïti, selon le représentant de l’Initiative 24 avril, Jean Renel Sénatus après la rencontre.
Si avant le 7 février les acteurs ne parviennent pas à trouver un accord, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et son gouvernement resteront en fonction à la tête du pays, a laissé comprendre le Groupe des Éminentes personnalités de la Caricom.
Après plus de deux heures de discussions, « nous avons demandé au Groupe des Éminentes personnalités de la Caricom de mettre la rencontre en continuation, le temps pour nous de présenter un accord dans les prochaines 72 heures », a rapporté au Nouvelliste l’ancien sénateur Sénatus.
Il a par la suite nuancé en précisant que la majorité des acteurs présents à la rencontre vont se rencontrer samedi (hier) pour continuer les négociations afin d’arriver à une proposition consensuelle à présenter à la Caricom dans les prochaines 72 heures.
« La rencontre a eu lieu à l’initiative de la Caricom. Plus de 30 acteurs du secteur politique et de la société civile y ont pris part. Elle s’est déroulée autour de l’urgence pour les Haïtiens de trouver une solution politique minimale à quelques jours de la fin du Mandat du CPT pour éviter toute situation d’incertitude », a rapporté au Nouvelliste pour sa part, Me André Michel qui représentait le Groupe de réflexion et l’accord du 21 décembre.
Tous les acteurs politiques présents à la rencontre, a-t-il ajouté « sont d’accord pour boucler cette transition au plus tard le 7 février 2027 avec l’installation de dirigeants issus d’élections. »
Après cette rencontre avec le Groupe des Éminentes personnalités de la CARICOM, « les acteurs haïtiens vont continuer à discuter entre eux pour finaliser le consensus minimal qui sera présenté à la CARICOM dans 3 à 4 jours. Nous sommes déjà en discussion », a dit Me André Michel.
Si en 2024, la CARICOM avait été mandatée par les autorités de l’époque pour jouer le rôle de médiateur entre les acteurs, cette fois, ce ne sont pas les acteurs haïtiens qui ont sollicité les bons offices du Groupe des Éminentes personnalités de la CARICOM. « La dernière monture de la feuille de route de l’OEA attribue à la CARICOM la responsabilité de conduire le dialogue politique avec la participation de l’OEA et du BINUH », a indiqué Me Michel.
Nos sources qui ont participé à la rencontre rapportent au Nouvelliste qu’il y a eu par moment une sorte de cacophonie dans les discussions.
Avaient pris part à cette rencontre virtuelle avec la CARICOM des représentants de l’Initiative du 24 avril (Jean Renel Sénatus), l’Initiative de la Société Civile (Rosny Desroches), Consensus Politique (Claude Joseph), MORN (Palerme Mathurin), le secteur syndical, Groupe de réflexion et accord du 21 décembre (Me André Michel), entre autres.
Les grands absents sont la plupart des secteurs signataires de l’accord du 3 avril qui a conduit à la formation du CPT tels Accord Montana, le secteur patronal, les partis formant le G10 : Fanmi Lavalas, PHTK, RDNP, OPL, KONBA, UNIR, EN AVANT, Nouvelle Orientation et ASE.
Source : Le Nouvelliste


























