Guadeloupe. Mettre en place des projets de mobilités culturelles au collège Nainsouta

Au collège Rémy-Nainsouta de Saint-Claude, une enseignante de la section internationale se forme pour pouvoir mettre en place des projets de mobilités culturelles.

« Je pense qu’à l’avenir, la Guadeloupe sera en de bonnes mains » : à Saint-Claude, la section internationale du collège cherche à ouvrir ses élèves au monde.

A Saint-Claude, le collège Rémy-Nainsouta propose une section internationale britannique. Il s’agit d’un dispositif bilingue et biculturel mis en place à l’origine pour permettre aux expatriés anglophones d’entretenir leur langue maternelle, ainsi que pour les francophones qui souhaiteraient se perfectionner. Il existe plusieurs centaines de sections internationales (SI) dans le monde, souvent dans des lycées français à l’étranger mais aussi en métropole.

A Rémy-Nainsouta, 7 heures d’anglais sont dispensées aux élèves chaque semaine à partir de la 6e, avec des cours de littérature anglaise et des cours d’histoire-géographie en anglais. En classe de 3e, il est possible de passer le brevet international avec deux épreuves spécifiques : une d’Histoire-Géographie, et un oral d’anglais de 20 minutes.

Si les élèves suivent encore la SI au lycée, ils pourront ensuite passer un baccalauréat option international ce qui leur permettra d’être considérés comme anglophones dans le cas d’études à l’étranger.

Michelle Hatchi est professeur de Langue et Littérature anglaise au collège Rémy-Nainsouta de Saint-Claude. Née à Londres, ayant grandi à la Barbade elle est certifiée d’anglais depuis 2003 et enseigne depuis aux classes de la SI.

 Elle a décidé de participer à la conférence « Skills for Future – Schools for Future » en Allemagne en avril 2026. 240 participants sont attendus pour trois jours de formation, d’échanges, et de présentation du programme Erasmus+. 

Cela permettrait à Michelle Hatchi de réaliser son projet de faire découvrir à ses élèves le Parlement de Strasbourg. Car elle ne se contente pas de leur enseigner l’anglais et la culture britannique, elle souhaite également leur apprendre à s’engager comme citoyens.

Cette conférence sera sa troisième formation Erasmus depuis l’année dernière. Son but est qu’au moins 30% des élèves puissent voyager.

D’autres collègues sont également motivés par la mobilité culturelle. L’une d’eux avait organisé un voyage en Angleterre sur le thème de Sherlock Holmes.

« J’aime faire les choses de manière inattendue »

Marquée par des ateliers vin-fromage (ou plutôt grenadine-fromage) et des défilés de mode organisés pour présenter la culture française, quand elle était elle-même élève à Barbade, elle s’en inspire pour ses propres élèves à qui elle fait écouter les Beatles par exemple.

Dans le système britannique, les élèves sont beaucoup écoutés et c’est ce qu’elle reproduit dans ses classes d’une quinzaine d’élèves par niveau. Ainsi elle laisse parfois ses élèves faire le cours à sa place, en les surveillant évidemment. Elle utilise aussi beaucoup de Google Forms pour demander à la fin d’un trimestre ce que les élèves ont aimé ou pas dans son cours et ce qu’ils voudraient y ajouter.

Un autre aspect du système britannique est la notation. Michelle Hatchi suit les barèmes d’Oxford, ce qui n’est pas sans poser de problèmes car les notes sont moins élevées que dans le système français. Des parents se plaignent des moyennes trop basses (autour de 14/20), les élèves la trouvent trop exigeante. « J’adore ce que je fais mais la difficulté c’est la pression », explique-t-elle.

 Ce qui n’est pas facile aussi, c’est que souvent se sont les parents qui décident de mettre leurs enfants en SI. Certains élèves n’ont donc pas choisi d’être là et ne suive pas toujours à la matière avec joie. Alors elle essaye de les intéresser par des activités ludiques par lesquelles ils apprennent sans s’en rendre compte.

Et les résultats suivent : « à part une ou deux années, il y a eu 100% de réussite au brevet international », se réjouit-elle.

« Je ne suis pas seulement professeur, je suis en train d’influer sur l’avenir. »

Pour Michelle Hatchi, ceux qui ont reçu beaucoup doivent donner beaucoup. Et c’est pourquoi elle apprend à ses élèves à penser aux autres. Par exemple, lors de l’éruption à Saint-Vincent-et-les-Grenadines en 2021, en deux jours, 256 paques d’eau avaient été envoyés par les familles de ses élèves. Elle avait aussi fait écrire des lettres en anglais à ses élèves pour les habitants de l’île.

Son but est de faire de ses élèves des « citoyens » et des « êtres complets ».

Ingrid de la Brière

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