Les élus de Guadeloupe demandent à l’unanimité la mise en place par l’Etat d’une Opération d’intérêt national pour reconstruire le réseau d’eau et d’assainissement.
Le XXe Congrès des élus départementaux, régionaux et des maires s’est conclu mercredi 24 juin sur le vote de 4 résolutions pour répondre à la crise grave et persistante de l’eau et de l’assainissement en Guadeloupe. Une réelle avancée au cours de ce Congrès voulu par Guy Losbar, président du Conseil départemental, président du Congrès.
Parmi ces résolutions, le groupe « Péyi Gwadloup », que préside Bernard Guilaume, conseiller régional (opp.) tient à saluer, en particulier, la demande adressée à l’Etat de mettre en place une Opération d’intérêt national (OIN) pour la refondation du système hydrique de la Guadeloupe.
Cette décision marque une étape décisive dans la prise de conscience collective de la gravité de la crise de l’eau et des limites financières et techniques de nos collectivités pour y répondre.
En faisant le choix d’appeler l’État à prendre ses responsabilités, les élus du Congrès ont envoyé un message clair : la crise de l’eau en Guadeloupe est une crise systémique qui exige désormais une réponse systémique et exceptionnelle. Depuis plusieurs années, nous défendons avec constance l’idée qu’il serait illusoire de croire que la Guadeloupe pourra reconstruire, avec les seuls outils ordinaires, un système hydraulique dont une grande partie des infrastructures est aujourd’hui profondément dégradée.
Nous avons affirmé qu’il fallait changer d’échelle, mobiliser des moyens exceptionnels et assumer collectivement un véritable projet de reconstruction sur dix ans.
Le vote unanime du Congrès donne aujourd’hui une légitimité politique forte à cette vision. Il s’agit, pour « Péyi Gwadloup », d’une victoire importante, non au sens partisan du terme, mais parce qu’une proposition portée avec conviction par les élus de la minorité régionale est désormais devenue une orientation partagée par l’ensemble des forces politiques représentées au Congrès.
Cette unanimité crée désormais une responsabilité nouvelle pour l’État. Nous appelons donc le Gouvernement à entendre la voix unanime des élus du territoire et à engager les discussions nécessaires à la mise en œuvre effective de cette OIN.
Mercredi, au Sénat, le sénateur Victorin Lurel a d’ailleurs obtenu l’engagement de la ministre en charge des collectivités locales, Françoise Gatel, d’examiner cette proposition avec la ministre des Outremer, Naïma Moutchou.
Nous le réaffirmons : l’OIN doit permettre de reconstruire les infrastructures structurantes de l’eau et de l’assainissement, tandis que le SMGEAG, renforcé avec sa future régie autonome ARCHIPEL’EAU, devra assurer durablement l’exploitation du service public.
L’eau est un droit fondamental reconnu par la Charte sociale européenne désormais applicable dans les Outre-mer. Les Guadeloupéens ne peuvent plus attendre d’y avoir accès.
























