À partir de la fin du mois de juillet, les pharmacies des communes particulièrement touchées par les échouements massifs de sargasses soumettront un questionnaire aux usagers incommodés par les émanations d’algues brunes.
Premiers professionnels de santé de proximité, accessibles sans rendez-vous, les pharmaciens renforcent leur contribution en cas de symptômes liés aux sargasses. En complément du réseau de médecins sentinelles, les officines, à commencer par celles de Petit-Bourg, collecteront des données sur les effets des sargasses en soumettant un questionnaire aux usagers incommodés par les émanations. Ce réseau pilote qui se met en place à Petit-Bourg s’étendra progressivement aux pharmacies des 14 communes impactées par les sargasses (Saint-François, Marie-Galante, La Désirade, Sainte-Anne…).
Autour de Marie-Claude Synésius, présidente du Syndicat des pharmaciens de Guadeloupe, des pharmaciens de différents secteurs de Petit-Bourg (Pointe à Bacchus, Montebello, Versailles, centre-ville…) ont choisi de constituer un réseau Sentinelles qui aura un double impact. D’abord, les personnes incommodées continueront de trouver au sein de leurs officines, les conseils et la prise en charge adaptée à leur situation. Au-delà de cette réponse immédiate, les pharmaciens renseigneront le questionnaire qu’ils ont élaboré pour consigner les symptômes constatés (vomissement, irritation des yeux, étourdissement, de la gorge, sensation d’étouffement…), l’âge du patient, son lieu de résidence… De précieuses données qui permettront d’améliorer les connaissances scientifiques sur l’impact des sargasses sur la santé humaine.
Mieux mesurer l’impact des sargasses sur la santé
La mission du réseau pilote des pharmaciens sentinelles, présenté au préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux et au directeur général de l’Agence Régionale de Santé de Guadeloupe et des Iles du Nord, Philippe Luccioni-Michaux, Philippe Duzac, 1e adjoint au maire de Petit-Bourg, mardi 7 juillet, devrait être opérationnel à partir de la fin du mois de juillet.

Cette initiative, qui vient compléter le réseau des médecins sentinelles, a été saluée par le préfet Thierry Devimeux. « Nous avons besoin d’apporter une réponse à la population qui est inquiète quand elle respire les gaz émis par les sargasses, quand elle manifeste des symptômes. Désormais, ces personnes pourront trouver une réponse dans les pharmacies. Parallèlement, en tant que préfet, j’ai besoin de comprendre quel est l’impact des sargasses sur la santé de la population pour mettre en place des politiques publiques adaptées à la situation. Pour cela, il nous faut des témoignages, des statistiques… ce réseau de pharmaciens sentinelles permettra d’alimenter les données qui seront analysées par Santé publique France. »
De nouveaux symptômes

Particulièrement cette année où les échouements ont débuté en avance (dès février) et avec une intensité inhabituelle, les pharmaciens de Petit-Bourg, surtout dans les zones les plus exposées ont observé une augmentation de l’affluence des usagers se plaignant de certains symptômes…
Dans son officine de la Pointe à Bacchus, Lucile Marival constate que certaines mères, stressées face à l’état de santé de leurs enfants (les yeux qui piquent, des boutons sur la peau…) et aux problèmes financiers, quand les sargasses ont endommagé les appareils électro-ménagers, présentent des signes de dépression.
Pharmacienne adjointe de Marie-Claude Synésius, Manon Franco a noté des symptômes peu ou pas évoqué les années précédentes, les problèmes ophtalmiques.
« Cette saison de sargasses est différente : les gens se plaignent beaucoup plus, on ressent vraiment leur énervement face à cette situation », commente Marie-Claude Synésius, pharmacienne. Suite à la dernière réunion consacrée aux sargasses et qui s’est déroulée en mairie, nous avons pris l’initiative de mettre en place cette action pour améliorer la prise en charge des patients en les orientant vers des professionnels de santé, médecins traitants ou spécialistes, voire vers le SAMU, selon les cas. »
Ce réseau constitué par les pharmaciens s’attachera aussi à diffuser les messages de prévention, identifier des personnes vulnérables à qui des conseils seront prodigués en amont.
Cécilia Larney





















