Politique. L’Assemblée nationale va voter (ou pas) une résolution pour garantir l’accès continu à l’eau Outre-mer

Jeudi 8 octobre, Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, passera la matinée à l’Assemblée nationale où sera débattue la proposition de résolution visant à garantir un accès continu à l’eau potable dans les territoires ultramarins portée par le groupe RN.

La proposition de résolution n° 3116, déposée le 8 septembre 2026, vise à garantir un accès continu à l’eau potable dans les territoires ultramarins. Cette proposition souligne l’urgence d’assurer un accès à l’eau potable pour tous les citoyens français vivant en Outre-mer, en raison des coupures répétées et des difficultés persistantes d’accès à l’eau potable.

Le texte invite le gouvernement à mettre en œuvre sans délai les prérogatives et dispositifs de l’État pour résoudre ces problèmes et garantir un accès effectif et immédiat à l’eau potable.

« Il y a urgence », dit l’exposé des motifs, qui poursuit : « Avant la répartition des compétences, les procédures administratives et la hiérarchie des normes, il y a la hiérarchie des besoins humains. La pyramide de Maslow place à sa base les besoins physiologiques sans lesquels aucun autre droit ne peut réellement s’exercer. Boire en est le deuxième après respirer. Or, aujourd’hui, en France, des femmes, des hommes et des enfants ont soif. Des citoyens français ne savent pas toujours quand l’eau coulera de nouveau au robinet ni si elle pourra être consommée sans danger. »

Et encore : « À Mayotte, en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion et à Saint‑Martin, les difficultés varient par leur nature et leur intensité, mais elles procèdent souvent des mêmes faiblesses : capacités de production ou de stockage insuffisantes, réseaux vétustes, pertes d’eau considérables, installations de traitement fragiles et exposition accrue aux crises climatiques. Leur persistance démontre que les réponses successives n’ont pas permis de garantir partout un accès continu à une eau sûre. »

Et enfin : « Les collectivités territoriales et leurs groupements sont responsables de l’organisation du service public de l’eau et doivent demeurer associés aux solutions. Mais la répartition ordinaire des compétences ne peut servir de justification à l’impuissance publique. Lorsque les moyens locaux sont dépassés et qu’un besoin vital n’est plus garanti, l’État doit agir. Il dispose des pouvoirs de sécurité civile et de protection sanitaire, de ses services, de ses opérateurs, de capacités d’expertise et de moyens financiers. L’urgence commande de les mobiliser immédiatement, de les coordonner et de les orienter vers un seul objectif : faire parvenir une eau sûre à chaque personne qui en est aujourd’hui privée. »

Un seul article, explicite, à cette proposition de résolution : « Considérant que l’accès effectif et continu de tous à une eau potable de qualité constitue une exigence de dignité, de santé publique et d’égalité réelle entre les citoyens ;

Considérant que Mayotte, la Guyane, la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion et Saint‑Martin connaissent, à des degrés divers, des difficultés persistantes d’accès, de continuité ou de qualité du service public de l’eau potable ;

Considérant que la solidarité nationale justifie, lorsque l’ampleur de la crise excède les capacités locales, une intervention exceptionnelle, temporaire et proportionnée de l’État, conduite en partenariat avec les collectivités territoriales ;

Invite le Gouvernement à mettre en œuvre sans délai l’ensemble des prérogatives, dispositifs et moyens dont dispose l’État pour mettre fin à l’urgence sanitaire en Outre‑mer tenant aux difficultés persistantes d’accès à l’eau potable, le cas échéant en suppléant les défaillances locales, de façon à garantir à chaque usager un accès effectif et immédiat à l’eau potable. »

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