Guadeloupe. Le député Serva regrette les violences de la nuit

Olivier Serva, député de la 1re circonscription de la Guadeloupe, a réagi aux événements de cette nuit.

Violences aux Abymes et Pointe à Pitre : soutenir les commerçants, les forces de l’ordre, répondre à l’urgence sociale et mobiliser les institutions, résume M. Serva.

« La Guadeloupe traverse une nouvelle période de fortes tensions sociales. Aux Abymes, les violences et les dégradations survenues en marge du mouvement social ont durement touché plusieurs commerces.

Si certaines revendications à l’origine de ce mouvement sont légitimes, elles ne sauraient justifier les actes de violence, de pillage et de destruction.

Je tiens à exprimer tout mon soutien aux commerçants abymiens touchés, ainsi qu’à leurs salariés, dont l’activité professionnelle et les moyens de subsistance sont aujourd’hui menacés.

Je veux également avoir une pensée particulière pour nos forces de l’ordre, qui, chaque soir, sont mobilisées au service de la population, parfois au péril de leur vie, pour garantir la sécurité de nos enfants, de nos familles et de nos quartiers.

Je tiens à saluer leur engagement et leur courage dans ces circonstances particulièrement difficiles. Je leur souhaite beaucoup de courage dans l’accomplissement de leur mission.

Au-delà des dégâts matériels, ces événements soulèvent une question sociale majeure.

Selon les premiers témoignages, les vols auraient notamment porté sur des produits alimentaires et de l’eau, dans des commerces de proximité.

Si ces éléments sont confirmés, ils doivent nous interpeller sur l’ampleur des difficultés économiques et sociales auxquelles une partie de notre population est confrontée.

La violence ne peut constituer une réponse à la précarité. Mais la condamnation des violences ne doit pas nous dispenser de nous interroger sur leurs causes et sur les réponses collectives à apporter.

Je veux aussi m’adresser directement à notre jeunesse : s’en prendre à nos entreprises, c’est scier la branche sur laquelle nous sommes tous assis !

Derrière chaque commerce détruit, ce sont des emplois menacés, des familles fragilisées et des entrepreneurs guadeloupéens qui voient parfois des années de travail réduites à néant.

Nous ne pouvons pas attendre toutes les solutions de l’État. C’est aussi par notre propre capacité à entreprendre, à créer de l’activité économique et à développer des emplois sur notre territoire que nous pourrons sortir durablement de cette situation.

Détruire nos entreprises, c’est détruire les perspectives d’avenir de notre propre jeunesse.

La situation actuelle appelle une mobilisation coordonnée des pouvoirs publics.

À ce titre, je souhaite :

Inviter la Région Guadeloupe à examiner rapidement les dispositifs d’accompagnement mobilisables pour les entrepreneurs sinistrés, afin de favoriser la reprise de leur activité et la préservation des emplois.

Appeler le maire des Abymes, également président du CCAS, à renforcer les actions de lutte contre la précarité et l’accompagnement des familles les plus fragiles.

Solliciter Cap Excellence pour accélérer les dispositifs d’insertion et d’accompagnement des jeunes, particulièrement dans les quartiers prioritaires, et renforcer le soutien aux associations qui interviennent quotidiennement auprès des habitants.

Ces événements rappellent la nécessité d’agir simultanément sur les conséquences immédiates de la crise et sur les difficultés structurelles de notre territoire.

C’est à la société guadeloupéenne tout entière de s’interroger et de se mobiliser pour changer le destin de notre Guadeloupe.

Responsables politiques, associations, parents, familles, jeunes : c’est ensemble, en prenant chacun notre part de responsabilité, que nous parviendrons à relever ce défi et à construire un avenir meilleur pour notre péyi Gwadloup.

La sortie de crise exige une réponse à la fois économique, sociale et institutionnelle. »

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