PAR VICTORIN LUREL*
Toutes les revendications sont légitimes. En démocratie, toutes les mobilisations pacifiques et les colères populaires sont saines.
Toutes les exactions, les pillages, les dégradations matérielles et surtout les atteintes physiques aux personnes sont, elles, intolérables et inexcusables.
Si toutes les suites judiciaires devront être données aux crimes et aux délits commis, des réponses politiques devront également être apportées à la détresse exprimée par la jeunesse et à l’inquiétude de leurs parents et de la communauté éducative pour retrouver la paix civile et la concorde.
En Guadeloupe comme dans l’Hexagone, l’École est en souffrance matérielle et humaine. Par verticalité et parfois brutalité, des réformes aveugles sont venues percuter le système éducatif et s’ajouter aux problèmes structurels de financement, de formation et d’encadrement.
Des réponses structurées et pérennes devront également être apportées à la crise économique et sociale – connexe mais profonde – traversée tant par le peuple guadeloupéen que par les entreprises de l’archipel.
Alors que tout un arsenal de propositions en leur faveur est sur la table et soutenu par la grande majorité des élus locaux et parlementaires, seule
manque la volonté gouvernementale de leur donner une traduction concrète.
Au-delà de la nécessaire révision de la doctrine de maintien de l’ordre, de prépositionnement et d’emploi des forces, l’État et son représentant doivent urgemment recréer les conditions d’un dialogue à la fois technique et politique apaisé avec les mouvements mobilisés et en associant étroitement les élus locaux.
Pour ce faire, le représentant de l’État ou la Ministre doivent recevoir le collectif (Nou Las palé, NDLR) qui est tout à fait légitime pour porter cette partie des revendications.
Revendications lycéennes, réforme de Parcoursup, crise de l’eau, accès au logement, défaillances d’entreprises : ces sujets hautement inflammables sur lesquels les élus de Guadeloupe ne cessent d’alerter doivent désormais faire l’objet d’une véritable considération par les pouvoirs publics qui devraient, à mon sens, faire l’objet d’une réponse dès l’examen du budget par le Parlement.
*Sénateur de la Guadeloupe (PS)





















