À l’initiative de l’écrivain M’Bitako et de l’un des petits-fils de Guy Tirolien, l’artiste Mayiki, un hommage a été rendu au poète de Marie-Galante, vendredi 13 février, devant sa stèle à la cité Henri 4 (Pointe-à-Pitre). Un moment pour honorer le poète et homme politique, acteur du mouvement de la négritude.

Une gerbe symbolique pour honorer un personnage majeur de l’histoire guadeloupéenne bien souvent oublié. Guy Tirolien (13 février 1917 – 3 août 1988) était, en effet, l’une des personnalités aux côtés de Léopold Senghor et Aimé Césaire, à l’origine du mouvement littéraire de la négritude. Ses écrits et ses actions ont portéé durant l’entièreté de sa vie, sur l’émancipation des peuples noirs de la Guadeloupe jusqu’au continent africain.
Guy Tirolien a grandi à Pointe-à-Pitre où il étudiait comme la plupart des meilleurs élèves de la Guadeloupe, au lycée Carnot. Il obtient la bourse du Gouverneur qui lui permet de continuer ses études à Paris au lycée Louis Legrand. Par la suite, il travaillera au sein des Nations Unies et en tant qu’administrateur dans plusieurs pays d’Afrique, où il se démarquera par ses actions engagées pour la libération et l’indépendance des peuples colonisés. Guy Tirolien sera notamment à l’origine de la création du rassemblement démocratique africain, parti politique de Sékou Toure qui mènera la Guinée vers l’indépendance.
Une commémoration à pérenniser
Des artistes, la famille de Guy Tirolien et des amoureux de l’œuvre de Guy Tirolien ont répondu présent pour le dépôt d’une gerbe de fleurs devant sa stèle à Henri 4. La stèle où étaient réunis les invités a été construite dans les années 1980 à l’initiative d’une association du quartier : la Tirolienne. L’occasion de rappeler le parcours de Guy Tirolien. Ses poèmes (Adieu Foulards, Ghetto, Credo, Marie-Galante…) ont été déclamés de différentes manières.
Certaines personnalités politiques ont également fait le déplacement pour ce moment de convivialité en mémoire du poète. M’bitako, auteur, à l’initiative de cette commémoration, a travaillé sur les écrits de Guy Tirolien, notamment lors de son mémoire de maîtrise. Avec Mayiki (Mikael-Issa Tirolien) est l’un des petits-fils du poète, ils espèrent inscrire cette commémoration de sa naissance dans la durée afin de réhabiliter Guy Tirolien dans la réalité guadeloupéenne.
Chaque intervenant a partagé des témoignages sur la vie du poète. L’écrivain Max Rippon est notamment revenu sur l’une de ses conversations avec Guy Tirolien qui l’a poussé vers l’écriture. « Il m’a offert un cahier, il m’a dit d’écrire ce que j’avais à dire et de revenir le voir après pour les corrections. Un exercice qui m’a appris la rigueur », a-t-il expliqué.
Tafari Tirolien
Ils ont dit :
Alain Tirolien, fils de Guy Tirolien : « Ce dépôt de gerbe devant la stèle de Guy Tirolien permet de marquer l’anniversaire de sa naissance. Il est né le 13 février à Pointe-à-Pitre et il est important d’avoir ce moment pour le célébrer et à travers lui, la poésie et les poètes de Guadeloupe. »


Georges Brédent, élu de la ville de Pointe-à-Pitre, en charge de la Culture : « Guy Tirolien est Marie-Galantais, mais il est aussi Pointois ! Il a fait toute sa scolarité au lycée Carnot, et il a toujours tenu à garder ce lien avec Pointe-à-Pitre. Dans le livre Bouquet de voix pour Guy Tirolien, dirigé par Maryse Condé et Alain Rutil, dans lequel on lui rend hommage, le sénateur-maire Henri Bangou a rappelé le parcours pointois de Guy Tirolien et tout ce qu’il avait fait pour la ville et pour la Guadeloupe. Il parle de son engagement poétique et de son engagement politique car il avait beaucoup travaillé à réhabiliter les valeurs noires que l’on tentait de faire disparaître. »
























