Education nationale : la suppression des 40 % de Vie chère en cas de Congé longue maladie provoque la colère

Fortement mobilisés en Guadeloupe, mardi 3 février, contre la suppression des 40 % de vie chère en cas de Congé longue maladie, les personnels de l’Education nationale n’excluent pas une opération « Ecole morte » à la rentrée des vacances de carnaval.

Le décret qui prévoit la suppression dégressive, voire totale, des 40 % de vie chère pour les agents en congé longue maladie a l’effet d’un vomitif. Une pilule qui, de toute évidence, ne passe pas. « Une injustice » que dénoncent les syndicats.

La présence massive des personnels en grève, mardi 3 février, aux portes du rectorat (Dothémare/Les Abymes) et le nombre important d’établissements de l’archipel – près de 70 % dans le premier degré – fermés témoignent du ras-le-bol des personnels de l’Education nationale, las de subir, pris entre le marteau et l’enclume.

Suppressions de postes, locaux vétustes, manque d’eau, de matériel et… cerise sur le gâteau : un salaire amputé si, d’aventure, il leur venait à l’idée de prendre un congé longue maladie ! Pour faire l’équilibre : insultes, menaces, agressions…, de la part des élèves et des parents. En somme, des conditions de travail « i-dé-ales. »

Jusqu’à 12 000 euros à rembourser

Réunis en intersyndicale, le SPEG, la FSU, l’UNSA, FO, SNUipp-FSU… ont mené un mouvement de grève unitaire avec leurs collègues des autres Départements et Régions d’Outre-mer. D’une même voix pleine de colère, ils dénoncent le décret du 27 juin 2024 qui prévoit « d’exclure les majorations de vie chère Outre-mer du régime indemnitaire, allant jusqu’à la suppression totale de la prime de vie chère en cas de congé longue maladie. »

Pire : le texte est appliqué avec un effet rétroactif. Résultat, les personnels qui ont été en arrêt maladie durant l’année 2024-2025 subissent des retraits de salaire pour… rembourser les sommes « indues. » « Certains, qui étaient en congé longue maladie depuis septembre 2024 ont reçu des courriers leur demandant de rembourser entre 8 000 et 12 000 euros, explique Eddy Ségur, de la FSU, secrétaire général de la FSU Guadeloupe. Ceux qui sont en congé longue maladie depuis septembre 2025 perdent en moyenne entre 800 et 1000 euros par mois sur leur salaire. »

Ils disent non à la « sous-France »

Une situation qui n’est pas sans incidences sur la stabilité financière des familles. « Nous ne pouvons pas accepter cela, surtout quand on vit dans un pays avec autant de régressions sociales, où 42 % de la population est en situation de grande pauvreté… Aujourd’hui, nous avons montré notre détermination à M. le recteur, indique Eddy Ségur. Il n’y a qu’une façon de régler le problème : que le décret relatif aux 40 % lorsqu’on est en congé longue maladie soit réécrit pour que les collègues les plus fragiles ne se retrouvent pas avec des retenues de salaires énormes. »

Une mesure punitive qui déclenche une réaction épidermique. Les personnels de l’Education nationale étaient en grève, partout en Outre-mer, pour dire non à la « sous-France ». Autant dire que la fièvre qui s’est emparée de l’intersyndicale n’est pas près de retomber.

Après avoir boycotté le précédent CSA, lundi 9 février, premier jour des vacances de carnaval, les syndicats de l’Education nationale aborderont, avec le rectorat, un autre dossier épineux : les suppressions de postes. « Il est d’ores et déjà hors de question que nos conditions de travail se dégradent davantage !, prévient Eddy Ségur. Si nous ne sommes pas entendus, après les vacances de carnaval, nous ferons tout ce qu’il faut : nous ne lâcherons rien. »

La possibilité d’une opération Ecole morte à la rentrée des vacances de carnaval est fortement envisagée par l’intersyndicale.

Cécilia Larney

Le député Max Mathiasin interpelle le gouvernement

Lors de la séance de questions orales à l’Assemblée nationale, mardi 3 février, le député de Guadeloupe, Max Mathiasin, a interpelé le gouvernement sur le décret du 27 juin 2024 qui prévoit la réduction, voire la suppression totale de l’indemnité de vie chère pour les fonctionnaires et les agents contractuels ultramarins de l’État en congé maladie.

Le député a dénoncé une « grande injustice, car la prime de vie chère Outre-mer est un élément acquis et constitutif de la rémunération des agents de l’État des territoires ultramarins. Ce décret ministériel est en totale contradiction avec les principes constitutionnels et républicains d’égalité et de non-discrimination. »

Max Mathiasin a demandé au gouvernement de mettre un terme à cette injustice en excluant la prime de vie chère Outre-mer du champ d’application du décret.

Répondant au nom de son collègue, David Amiel, ministre chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, la ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique a affirmé que « le gouvernement [était] disposé à étudier les modalités, le coût et l’opportunité d’une éventuelle évolution réglementaire qui pourrait permettre d’aligner le maintien de la majoration Outre-mer sur celui du traitement en congé de longue maladie pour la fonction publique de l’État. »

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