Les sénateurs Olivier Bitz, Georges Naturel et Saïd Omar Oili alertent sur un budget européen qui « efface 30 ans d’acquis pour les régions ultrapériphériques ».
Dans les prochains mois, la présidente de la délégation sénatoriale aux Outre-mer, Micheline Jacques, et les rapporteurs, en étroite coordination avec la commission des affaires européennes du Sénat, poursuivront leur travail de conviction auprès des décideurs européens pour éviter une « erreur historique ».
Les rapporteurs Olivier Bitz, Georges Naturel et Saïd Omar Oili ont en effet alerté sur un budget européen qui efface 30 ans d’acquis pour les régions ultrapériphériques (RUP) et qui témoigne d’une absence de vision et d’ambition incompréhensible dans ce moment de bascule géopolitique mondiale.
Des financements par habitant 40 fois inférieurs à ceux du Groenland
Pour les pays et territoires d’outre-mer (PTOM), le doublement des crédits est à saluer, mais « un rééquilibrage de la répartition des crédits entre les PTOM est impérative, selon les sénateurs. Sans contester les enjeux propres au Groenland, il est incompréhensible que la Polynésie française ou la Nouvelle-Calédonie perçoivent des financements européens par habitant 40 fois inférieurs au Groenland. Pourtant, sans les collectivités françaises du Pacifique, l’Europe serait absente du nouveau centre de gravité du monde. »

Pour éviter une « erreur historique », la délégation a adopté un avis politique solennel et quatre recommandations :
1. Rétablir des lignes budgétaires réservées aux Régions ultrapériphériques (RUP), notamment pour financer le POSEI et l’étendre à la pêche et à l’aquaculture, tout en garantissant un plancher crédible de financements pour les RUP au sein de la catégorie des régions moins développées.
2. Réévaluer à la hausse les crédits alloués aux RUP, au minimum pour maintenir les enveloppes en euro constant et accélérer le rattrapage structurel de la Guyane et de Mayotte.
3. Rééquilibrer l’enveloppe allouée aux PTOM hors Groenland à deux tiers de l’enveloppe totale contre à peine 50 % à ce jour.
4. Adapter les règles de gestion des programmes horizontaux aux spécificités des RUP et PTOM, et créer de véritables Erasmus régionaux ancrés dans chaque bassin océanique.
Enfin, la délégation s’interroge sur la révision en cours de la stratégie de la Commission européenne pour les RUP : quelle crédibilité aura-t-elle avec un budget qui tourne le dos à ces territoires ?






















