À l’initiative de Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre, les carnavaliers étaient à nouveau réunis en mairie, mercredi 7 janvier. Parallèlement, un questionnaire diffusé en ligne a permis de recueillir les avis et suggestions du public sur l’organisation du carnaval.
Après le meurtre, commis dimanche 4 janvier, en marge de la parade des rois, à Pointe-à-Pitre, une première réunion a été organisée à la sous-préfecture. Y participaient les acteurs du carnaval, la ville de Pointe-à-Pitre, Cap Excellence. La proposition du préfet de Guadeloupe Thierry Devimeux de suspendre la parade du dimanche 11 janvier en hommage à la victime a semé le trouble.
Mercredi 7 janvier, en fin de journée, le maire de Pointe-à-Pitre, Harry Durimel a échangé avec les carnavaliers à l’Hôtel de ville, en présence de Cap excellence. Dès le début de la rencontre, Harry Durimel a clairement affirmé que « les groupes défileraient dans les rues dimanche ». Une décision confortée notamment par les réponses au questionnaire diffusé par la ville quelques plus tôt à destination du grand public. 56 % de ceux qui y ont participé se disent « favorables au maintien du carnaval ».
Des alertes restées vaines
L’échange de plus de deux heures avec les acteurs du carnaval a permis de faire ressortir plusieurs points, dont le manque de moyens conséquents dédiés à la sécurité, pourtant réclamés avant l’ouverture du carnaval.
« La réunion, qui a été riche, a permis d’entendre le sentiment des acteurs du carnaval de n’avoir pas été compris, entendus, par les autorités à qui ils ont adressé une demande de plus de moyens pour la sécurité, explique Harry Durimel. Personnellement, j’ai été jusqu’à mettre ma démission dans la balance pour obtenir plus de moyens pour la sécurité. J’ai trouvé dans l’expression de tous ces acteurs, un renfort dans cette quête de plus de moyens pour la ville. »

Au-delà de ces alertes « restées vaines », les carnavaliers souhaitent éviter l’amalgame entre carnaval et faits de violence commis en marge des défilés… et au quotidien. Peu de temps après la fin de la rencontre, un nouvel homicide a été commis à Pointe-à-Pitre.
« Pour les acteurs du carnaval, toute initiative prise contre la violence doit être menée en dehors des jours de défilé pour sauvegarder leur droit de sortir dimanche, insiste Harry Durimel. Chaque groupe est libre d’exprimer à sa façon un hommage, une attention, un moment de silence à l’égard de ce drame. Chacun a revendiqué la liberté d’exprimer cette réaction à sa manière. »
« Nous en avons assez de la violence »
Plus globalement, les participants à la rencontre sont favorables à une manifestation contre la violence qui sévit au quotidien en Guadeloupe. « Nous en avons assez de la violence, nous voulons maintenant la paix en Guadeloupe ! »

La ville de Pointe-à-Pitre s’engage à faire remonter à l’Etat « une demande de plus de moyens pour la sécurité et faire entendre aux parents des victimes de faits de violence la solidarité des groupes de carnaval qui entendent s’exprimer en dehors du carnaval. »
Plusieurs propositions ont été faites en ce sens, dont une journée « ville morte », « île morte »…
Si, du point de vue des carnavaliers et de la ville de Pointe-à-Pitre, la parade de dimanche et les suivantes ne sont pas à remettre en cause, la circulation des armes et les faits de violence au quotidien, eux, exigent une réaction urgente.
Cécilia Larney

























