Dans le cadre du FEMI, concours international de films, le Conseil départemental de la Guadeloupe a présenté trois œuvres en avant-première cette semaine au cinéstar des Abymes.
Le documentaire Ne prends pas la mer pour une grande savane, d’Arlette Pacquit, traite de La Savane, lieu en Martinique à Fort-de-France aux centre-ville. Il s’agit d’un lieu chargé en histoire et qui questionne sur plusieurs points de la société martiniquaise.
Le documentaire Ne prends pas la mer pour une grande savane se concentre sur La Savane un espace situé dans la ville de Fort de France aux abords du fort et de la plage. Au cours du documentaire, on revisite l’histoire de la Martinique, depuis la colonisation jusqu’à la post-colonisation car cet espace de La Savane a connu de nombreux événements majeurs au cours des années entre révoltes et manifestations jusqu’au déboulonnement des statuts qui a eu lieu en 2022. Ce questionnement autour de La Savane, les espaces, les vestiges coloniaux qui y sont, et les symboles coloniaux qui y sont érigés, devient rapidement un questionnement sur la Martinique.
Le documentaire nous emmène partout, du fort à la plage La Française, en passant par l’hôtel L’Impératrice. Tous ces monuments et ces vestiges témoignent de l’histoire qui, en 80 ans, a connu une stagnation autour des revendications martiniquaises. En effet, l’empoisonnement de la terre faisait partie des raisons des manifestations dans les années 60, bien avant le scandale du chlordécone, et la répression qui a entraîné la mort de Gérard Nouvet fait encore échos avec des événements récents.
Christelle Berry :
Une approche immersive captivante
Pour le documentaire la réalisatrice a souhaité avoir une œuvre expérimentale qui s’exprime par une immersion totale par le biais des bruits et des sons qui sont omniprésents et qui complètent le récit. L’ambiance et l’atmosphère de La Savane font partie de l’histoire immersive proposée. « Le son joue un rôle capital dans l’histoire, parfois des événements historiques qui ne sont pas racontés en tant que tels sont suggérés par des extraits de discours, ou une explosion. Pour nous le cinéma c’est de l’image et du son, donc on a fait ce travail sonore », affirme Christelle Berry, monteuse du documentaire.
L’œuvre invite à la réflexion sur l’avenir de la Martinique et de toutes les anciennes colonies françaises. Quel futur, quel statut, quelle identité devrons-nous avoir ? Sommes nous condamnés à dénoncer les mêmes mécanismes dans 80 ans ?
Tafari Tirolien





















