Guadeloupe. Crise sociale : que va-t-il se passer ?

La Guadeloupe traverse une crise sociale : depuis deux semaines, des barrages sont érigés, à l’initiative du collectif Nou Las Palé (aux autorités) ou de groupes de jeunes. Et ce 23 octobre…

Pour ce 23 octobre, sur les réseaux sociaux on promet aux Guadeloupéens que tous les ronds-points seront occupés par la foule, idem les parkings des grandes et moyennes surfaces. Et il y aurait des blocages partout. Combien de journées perdues sur la feuille de salaire de ce mois ou du suivant pour des dizaines de milliers de Guadeloupéens qui n’auront pu aller au travail ?

Que se passe-t-il en Guadeloupe ? Celle-ci est marquée par une pauvreté élevée (34,5 %), une forte précarité du logement, une hausse du surendettement (+23,4 % en un an) et une insécurité alimentée par la grande marginalité et les troubles psychiatriques. Ces tensions s’ajoutent à un coût de la vie supérieur de 16 % à celui de l’Hexagone et à un chômage massif des jeunes.

Enfin, viennent se greffer des situations particulières, celles des entreprises, notamment du BTP, qui n’ont pas de grands chantiers (90% de leur clientèle est constituée des collectivités) et sont en grand danger, et avec elles des artisans, des milliers d’emplois, des petites entreprises qui n’ont pas suffisamment de réserves financières et constituent le gros des procédures de redressement, de liquidation.

Et, plus récemment, la hausse drastique des prix des matériaux de construction, de l’alimentaire, de l’essence. La faute à la guerre en Ukraine d’il y a deux ans s’est transformée en la faute au blocus du Détroit d’Ormuz, dans la lointaine Arabie jadis heureuse. Quelqu’un en profite sûrement, mais tout ceci est flou…

Nou Las Palé, qui regroupe des individualités, dont des représentants de la Fédération régionale du BTP et de la Fédération des Très Petites Entreprises à titre personnel, a souhaité, un temps, rencontrer les autorités, dont le préfet, les présidents des collectivités.

Peu de portes se sont ouvertes. Si des réunions entre le préfet, des représentants des secteurs d’activités — dont José Gaddarkhan, quand il a fallu signer la Charte de la commande publique, recueil des bonnes pratiques commerciales entre prestataires et payeurs —, des élus se tiennent régulièrement, pour faire avancer les dossiers délicats, l’eau, l’essence, la vie chère, etc., dont une cet après-midi, une autre demain matin (si la circulation le permet).

Mais, faute de réelles avancées, le ton ne baisse pas.

Nou Las Palé veut bloquer, les petits jeunes aussi. Les uns veulent être écoutés, mais au plus haut niveau (le président de la République, le Premier ministre, au moins), les autres ont fini par comprendre que les élus écoutent mais n’ont pas de latitude.

Tout ceci, c’est une cocotte-minute sur le point d’exploser.

A suivre.

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