Guadeloupe. Eau : « On va gagner… collectivement »

Avant une énième réunion sur la thématique de l’eau, le président du SMGEAG, Ferdy Louisy, s’est rendu sur un chantier à Trois-Rivières, accompagné du préfet Thierry Devimeux, des présidents Ary Chalus, de la Région, Guy Losbar, du Département, des maires de Trois-Rivières, Jean-Louis Baptiste, et de Capesterre Belle-Eau, Jean-Philippe Courtois. Chantal Ambroise, préfète en mission, était là et nous verrons pourquoi.

Près de la brigade de gendarmerie, au fond d’un trou, bloc rectangulaire bétonné, portes de fonte ouvertes, il y a une machinerie statique, un réducteur de pression d’un bleu élégant. Un technicien égrène la triste réalité aux visiteurs en rond autour du trou : « Chaque jour, ce sont 4 000 mètres cubes d’eau qui sont perdus dans la nature, 12 000 à Capesterre Belle-Eau… »

Chacun donne sa solution à un problème sans fin… jusqu’à présent.

Ont-ils fait le calcul, ceux qui étaient là ? Nous oui, 4 millions de litres à Trois-Rivières, 12 millions de litres à Capesterre Belle-Eau, de bonne eau limpide venue du feeder de Belle-Eau Cadeau qui finissent en plein champs. Et pas dans les robinets des Guadeloupéens. Chaque jour…

Guy Losbar rappelle que le Département soutient le Plan d’urgence qui va permettre de consacrer des fonds et des techniciens pour ces deux communes de la Basse-Terre, Trois-Rivières et Capesterre Belle-Eau (33% des fuites sur le feeder), qui seront pilotes de ce que l’on peut faire ensuite dans toute la Guadeloupe pour résoudre le problème des tours d’eau et de cette déperdition inique d’eau dont ne profitent pas les Guadeloupéens.

Guy Losbar, satisfait de la tournure des événements :

Ferdy Louisy semble déterminé, requinqué. Un peu seul au début de sa mission, il est désormais soutenu par l’Etat, le Département, la Région.

Ary Chalus lance une idée originale : « Pourquoi ne pas mobiliser les plombiers, dans toute la Guadeloupe, pour les mettre sur ces chantiers ? »

S’il y a quelques sourires, on retiendra que l’idée est à creuser. Avec une formation spécifique, ça devrait le faire et ça permettrait de faire travailler des artisans. Toutes les bonnes volontés doivent être utilisées.

Ary Chalus détaille les millions mis dans les travaux de l’eau :

Au grand plaisir du préfet qui avait déjà dit qu’il voulait que des entreprises locales travaillent sur ces chantiers et prennent les choses en main, Ferdy Louisy confirme : priorités aux locaux, qui connaissent les problématiques et sont sur place.

Deuxième étape de la sortie à Trois-Rivières, le collège des Roches Gravées où va se tenir une conférence de presse.

Guy Losbar, Thierry Devimeux, Ferdy Louisy, Ary Chalus, Chantal Ambroise. @AJV

Ferdy Louisy : « Nous avons mis en place un Plan d’urgence pour intensifier les actions afin de sécuriser durablement la distribution de l’eau en Guadeloupe. »

Ceci a un coût, 36,7 millions d’euros, dont 9 millions pour Trois-Rivières, 27 millions pour Capesterre Belle-Eau (à quelques milliers d’euros près). Mais, il faudra mettre les mains dans le cambouis, poté manèv comme on dit, booster les travaux dans ces deux communes pour que tout soit fini dans 12 à 18 mois.

Ferdy Louisy :

Les présidents disent leur satisfaction. Après tant et tant de millions, enfin, les choses avancent.

Après les deux communes pilotes, le reste de la Guadeloupe sera traitée. Ce qui ne veut pas dire qu’ailleurs, pendant 18 mois, rien ne sera fait.

En Nord Grande-Terre, c’est la CANGT qui va travailler pour le SMGEAG et alimenter des milliers de Guadeloupéens, en région centre, dès que ce sera signé, cap Excellence fera de même. Ailleurs, les travaux sont prévus.

Cinq leviers opérationnels tissent l’efficacité du Plan d’urgence :

  • Stabilisation de la pression dans les réseaux
  • Recherche et réparation des fuites
  • Réalisation de travaux ciblés
  • Supervision et gestion moderne
  • Renouvellement des compteurs.

Pour encourager les entreprises locales à travailler sur les chantiers de l’eau, il a fallu beaucoup de diplomatie. Certaines entreprises qui avaient soumissionné n’étaient pas payées depuis longtemps. 6,5 millions ont été validés lors du dernier Comité du Suivi National. Délégués au SMGEAG, ils permettront de soulager en les payant des entreprises volontaires mais parfois échaudées, préserver compétences et emplois locaux, sécuriser la continuité des chantiers, restaurer une relation de confiance bien écornée…

« Il faut que les entreprises locales soient régulièrement payées des travaux entrepris afin qu’elles soient pleinement mobilisées. » Le préfet de région insiste. « Le soutien à l’économie locale est un levier direct d’accélération de l’action sur le terrain, au bénéfice des usagers »

Thierry Devimeux :

Pour les deux maires, de capesterre Belle-Eau et de Trois-Rivières, c’est un moment important, « historique », dira le préfet, celui où tout le monde se met au travail, pour le bien commun.

Jean-Louis Francisque, maire de Trois-Rivières :

Jean-Philippe Courtois, maire de Capesterre Belle-Eau :

Une préfiguratrice nommée pour la Régie

Chantal Ambroise est Guadeloupéenne. Préfète, elle a fait une partie de sa carrière brillante en Guadeloupe, quand elle était jeune attachée.

Il y a trois ans, elle a travaillé pendant plusieurs semaines sur un gros dossier : faire un audit sur le paupérisme à Marie-Galante et proposer des solutions. Aujourd’hui, elle a été choisie, par toutes les parties concernées, pour une mission de préfiguration de la future Régie de l’eau et de l’assainissement. Mission difficile, mais la préfète a de la méthode.

Chantal Ambroise :

Ferdy Louisy a remis sa lettre de mission à Chantal Ambroise, trois feuillets denses. La fameuse régie tant attendue est mise en place : ceux de ses membres présents à Trois-Rivières ont reçu leur lettre de désignation. Ils seront onze : sept élus du comité syndical, un représentant de la commission de surveillance, un représentant technique ou scientifique, un représentant du monde économique.

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