Guadeloupe. Lettre ouverte : « Il est urgent de répondre ensemble à la demande sociale »

« Lycéens et étudiants se mobilisent. De nombreuses petites et moyennes entreprises expriment leur colère. Marins-pêcheurs et agriculteurs sont sur le pied de guerre

Ces signaux ne se confondent pas, mais ils disent la même chose : les modèles hérités d’un autre temps ne répondent plus aux attentes de la société guadeloupéenne. L’heure du dépassement a sonné et exige courage et lucidité.

Le diagnostic est connu et nous ne le referons pas ici. 

Nous nous arrêterons à l’un de ses symptômes les plus graves : le chômage des jeunes. 

Une partie de ces jeunes, souvent sans formation, est happée par la consommation et le commerce de stupéfiants. Ils entrent ainsi dans une spirale mortifère, dominée par la violence, dont ils sont les premières victimes. 

Les leçons des mobilisations de 2009 n’ont pas été tirées et les problèmes se sont depuis aggravés. La situation actuelle nous paraît plus préoccupante encore. Il y a urgence à repenser le modèle économique, social et politique. 

« Plus que jamais, la colère populaire peut surgir
en dehors des cadres conventionnels »

Plus que jamais, la colère populaire peut surgir en dehors des cadres conventionnels, comme l’a montré la mobilisation de 2024 en Martinique. Lorsque les canaux habituels de la représentation ne sont plus perçus comme efficaces, l’expression sociale cherche d’autres voies, moins prévisibles. 

Nous n’avons pas la prétention de détenir des solutions. 

C’est précisément parce que ces problèmes sont multiples que les solutions ne peuvent être pensées que collectivement, avec les différents secteurs concernés : jeunesse, éducation et formation, entreprises, salariés, associations, collectivités, services de l’État. 

La mobilisation lycéenne, les récentes interpellations d’élus et d’une partie des entreprises locales vont dans ce sens, et nous les saluons. La demande sociale est multisectorielle.

Il appartient aux autorités d’y répondre par des politiques publiques adaptées aux circonstances présentes s’inscrivant dans la durée, et non par des mesures ponctuelles ou différées.

Il ne s’agit pas de désigner des coupables, mais de construire un consensus politique à la hauteur de l’urgence et des défis que nous devons relever. »

Premiers Signataires : 

Fred Reno, professeur des universités en Science politique
Julien Merion, politologue, vice-président du CORECA
Florence Romana, professeur des universités en Physique des matériaux
Anny Flory, professeur des universités en Chimie des matériaux
Pierre Odin, maître de conférences en Science politique
Sarra Gaspard, professeur des universités en Chimie
Clara Palmiste, maîtresse de conférences en Histoire
Joao Gabriel Galli, docteur en Histoire
Alexandre Debiche, professeur de Philosophie, président de l’APPHIGUA  
Valérie Doumeng, professeur des universités en Droit privé    

Pointe-à-Pitre, le 16/10/2026

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp
Email

Actualité

Politique

Economie

CULTURE

LES BONS PLANS​

KARIB'Archives

Rechercher un article par mot clé dans nos archives à partir de 2020

DERNIERES INFOS

LE TOP KARIB'INFO