Guadeloupe. Social : Patrick Vial-Collet espère que José Gaddarkhan viendra demain à la réunion avec le préfet

C’est un véritable psychodrame qui se joue dans les instances économiques ou parallèles en ce moment sur fond de crise sociale.

Des représentants du monde économique se tirent la bourre, entre membres de Guadeloupe Economique — douze organisations représentant les socioprofessionnels — et membre de Nou Las Palé (NLP), avec deux membres des deux organisations, à la fois Guadeloupe Economique et NLP : José Gaddarkhan, président de la Fédération Régionale du BTP, et Alan Nagam, président de la Fédération des Très Petites Entreprises (FTPE)… mais à titre personnel.

Ce psychodrame a pour boute-feu la présence des uns et des autres sur des médias pour lancer sinon des noms d’oiseaux, des allégations plus ou moins contestables.

Bref. Le préfet de Région tente de calmer le jeu tout en faisant avancer, dans la limite de ses compétences, des dossiers — eau, vie chère, essence, etc. Pour ce faire, il répond à toutes les demandes de rencontres au sommet, tantôt avec les élus, comme aujourd’hui — certains sont en visioconférence —, tantôt avec les représentants du monde économique, comme demain à la CCI-IG où l’on attend plus de 70 participants avec le préfet.

Pour ce qui est de Nou Las Palé, jusqu’à présent, c’est niet, Thierry Devimeux ayant clairement dit : « Ce collectif ne représente personne. »

Dominique Théophile, Solanges Nadille, Victorin Lurel, sénateurs, ont demandé un geste vers le collectif qui, aujourd’hui, dit que le préfet est discrédité, qu’il ne veut plus le rencontrer.

Aujourd’hui, c’est Patrick Vial-Collet, président de la CCI-IG — et non PVC à titre personnel, mais il le tutoie — qui écrit à José Gaddarkhan pour lui rappeler qu’il est membre de Guadeloupe Economique, qu’avec les membres de cette association patronale il a voté le principe d’une demande de rendez-vous avec le préfet et que ce rendez-vous est demain, vendredi 23.

« Contrairement à ce que tu as laissé entendre, ce n’est donc pas Patrick Vial-Collet qui a sollicité un rendez-vous personnel, mais le président de la CCI, mandaté par les organisationsde Guadeloupe Économique, dont tu fais partie au titre de la FRBTP, comme Alan Nagam au titre de la FTPE. »

Après diverses considérations appelant à calmer le jeu des blocages, Patrick Vial-Collet lance à José Gaddarkhan : « Il ne m’appartient pas de juger de la représentativité du NLP. En revanche, je constate qu’à ma connaissance, aucun de ses représentants n’a clairement condamné les pillages, les incendies et les destructions d’entreprises.

Pire, certains évoquent des « dégâts collatéraux » et affirment « qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».

Mais, mon cher José, ces œufs sont nos entreprises, nos salariés, nos emplois, des familles guadeloupéennes et parfois le travail de toute une vie qui part en fumée a!

Comment peut-on accepter que la destruction de notre économie soit présentée comme une conséquence normale d’un rapport de force ? Guadeloupe Économique condamne ces blocages, ces violences et ces propos irresponsables. Nous ne pouvons davantage nous associer à la revendication du NLP exigeant le départ du préfet.

Nous demandons au préfet de protéger nos entreprises, de rétablir la liberté de circulation et de garantir le droit de travailler, certainement pas de quitter ses fonctions ! »

Et de tendre une perche à José Gaddarkhan : « Je n’ai pas la prétention de détenir une solution miracle. Mais je sais une chose : bloquer l’économie n’est certainement pas la solution. C’est, au contraire, le moyen le plus sûr de détruire ce que nous prétendons tous défendre.

Le dialogue, la négociation et la recherche de solutions concrètes sont peut-être plus difficiles et moins spectaculaires que les blocages, mais ce sont les seules voies responsables pour obtenir des résultats durables, et j’espère bien que tu seras présent à la réunion de demain.

Notre responsabilité est de sauver les entreprises et les emplois, pas de justifier leur destruction.

La Guadeloupe a besoin de solutions, pas de blocages. Elle a besoin de responsables qui construisent, pas de ceux qui acceptent qu’on détruise. »

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