Tôt dans la matinée du jeudi 22 janvier 2026, Smith Augustin a partagé avec le journal un message sur WhatsApp disant : « quatre autres collègues et moi nous avons signé en faveur de la révocation du Premier ministre. »
Interrogé sur le choix d’un éventuel remplaçant à Alix Didier Fils-Aimé, toujours sur Whatsapp, Smith Augustin n’a pas encore répondu, alors que plusieurs noms de personnalités circulent quant au remplacement de l’actuel Premier ministre.
Cette évolution de la situation politique constitue un coup d’accélérateur à quelques jours de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition. Dans la nuit du mercredi 21 janvier, Le Nouvelliste avait appris que le Conseiller présidentiel Smith Augustin faisait retrait de sa signature de la résolution visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Une source au CPT avait indiqué mercredi soir au Nouvelliste que, dans un premier temps, cinq membres du CPT avaient signé le document avant que l’un d’entre eux ne fasse le retrait de sa signature. « Le conseiller présidentiel Smith Augustin a retiré sa signature après avoir endossé la résolution. »
Ce dernier confirme ce jeudi qu’il maintient sa signature pour révoquer le Premier ministre.
« Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire, Louis Gérald Gilles et Edgard Leblanc Fils sont les conseillers présidentiels ayant signé la résolution pour révoquer le Premier ministre », précise notre source au CPT. Le Nouvelliste a contacté plusieurs d’entre eux sans obtenir de réponse.
Dans une correspondance envoyée mercredi soir aux autres membres du CPT, Laurent Saint-Cyr affirme : « Je m’oppose à toute résolution visant à remettre en cause la stabilité gouvernementale à l’approche du 7 février et dénonce toute tentative de précipitation ou de prise de décisions majeures sans un dialogue élargi, structuré et véritablement représentatif des différents secteurs de la vie nationale, y compris de la diversité des sensibilités politiques ayant disposé, à des degrés divers, d’une légitimité électorale avérée. »
Avant cette lettre du coordonnateur du CTP, les États-Unis avaient publié via leur ambassade un communiqué avertissant le CPT : «Les États-Unis mettent en garde le Conseil présidentiel de transition (CPT) contre toute tentative de modification de composition du gouvernement à quelques jours de la fin de la fin de son mandat le 7 février prochain», indique la note.
Le communiqué précise aussi : « L’objectif des États-Unis pour Haïti demeure l’instauration d’un niveau minimal de sécurité et de stabilité. Toute tentative de modification de la composition du gouvernement par le Conseil présidentiel de transition (CPT), non élu, à ce stade avancé de son mandat, serait considérée par les États-Unis comme une manœuvre visant à saper cet objectif et, de ce fait, serait nulle et non avenue ».
«Les États-Unis considéreraient que toute personne soutenant une telle initiative déstabilisatrice, favorable aux gangs, agirait à l’encontre des intérêts des États-Unis, de la région et du peuple haïtien, et prendront les mesures qui s’imposent en conséquence », ont-ils clairement menacés.
Quelques heures plus tôt, le représentant du Secrétaire général de l’ONU en Haïti, Carlos Gabriel Ruiz Massieu, avait déclaré devant le Conseil de sécurité que le pays était entré dans une phase critique de son processus de restauration des institutions démocratiques, avec la fin du mandat du CPT prévue le 7 février. Il a affirmé que le pays n’a plus de temps à gaspiller dans les luttes intestines prolongées lors de la réunion trimestrielle de l’ONU sur Haïti, le mercredi 21 janvier 2026.
« Haïti est entré dans une phase critique de son processus de restauration des institutions démocratiques. Les arrangements de la transition actuelle prendront fin le 7 février », a-t-il souligné, ajoutant qu’il « est impératif que les acteurs nationaux s’efforcent de contenir la fragmentation politique, de mettre de côté leurs divergences, de préserver une continuité institutionnelle et de se concentrer sur l’organisation des élections ».
« Soyons clairs : Le pays n’a plus de temps à gaspiller dans les luttes intestines prolongées. La situation exige que les autorités, les institutions étatiques, les partis politiques, la société civile, le secteur privé et les leaders religieux et communautaires – priorisent l’intérêt national et agissent avec responsabilité et retenue », a-t-il insisté.
Source : Le Nouvelliste
























