La Police nationale d’Haïti (PNH) est en mode « offensif ».
Son directeur général a.i. Vladimir Paraison l’avait annoncé fin 2025. En ce début de janvier 2026, des opérations mobilisant des unités spécialisées, des contractants privés (mercenaires) des opérations se sont intensifiées. Selon des notes d’information de la police, mercredi et jeudi, la PNH informe avoir saisi, au Bel-Air, chez le chef de gang Jamesley, un fusil M-16. À Delmas, dans le fief de Krache Dife, l’un des gangs redoutables de la coalition Viv ansanm, deux fusils M4, deux fusils calibre 12, des munitions, des équipements tactiques et des uniformes de la PNH ont été saisis.
A la rue St-Martin, des engins lourds de la PNH ont entrepris de libérer des voies d’accès. Des positions tenues des bandits sont systématiquement pilonnés par des drones kamikazes, ont confié nos sources. L’importance des charges explosives de ces drones est plus importante, ont rapporté des témoins, à l’écoute des déflagrations au fil des mois.
« L’objectif à l’heure actuelle, même si on ne parvient pas à atteindre les grands caïds, est de s’attaquer aux structures qu’ils ont implantées pour affronter les forces de l’ordre et d’isoler les chefs de gangs de leurs troupes », a révélé le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, à la matinale de Magik 9, mardi 7 janvier 2026.
Les pertes dans les rangs des gangs n’est ni exhaustif ni détaillé. De nombreux bandits ont été neutralisés par des drones explosifs, a confié Mario Andrésol. Il a indiqué qu’il y a des « défections » dans les rangs de Viv ansanm à un moment où les opérations s’intensifient, que la logistique, l’intendance semble avoir trouvé ses marques lorsqu’il s’agit de commandes d’équipements commandés. Il a ajouté que la PNH a reçu en don des blindés, déjà déployés notamment à Mirebalais et dans l’Artibonite, en attendant la fin des opérations à Port-au-Prince et la reprise des offensives sur d’autres fronts.
Le 27 décembre 2025, la PNH a reçu 25 véhicules blindés de transport de troupes de l’INL. Le 6 septembre 2025, la PNH a reçu dix véhicules blindés et des équipements de protection personnel commandés par la PNH. En ce début janvier 2026, d’autres blindés dont trois blindés à chenille sont attendus à Port-au-Prince. « Nous avons finalement trouvé le bon timing en termes de commandes d’équipements », a dit une source gouvernementale. Ces nouveaux véhicules blindés disposant de tourelles, permettent d’installer des fusils mitrailleurs. Cela donne des avantages opérationnels, a dit notre source.
Pour le moment, il est difficile de vérifier s’il y a des désertion dans les rangs de Viv ansanm ni la réalité de ses forces et de ses capacités de riposte. L’on sait cependant de plusieurs sources gouvernementales que les opérations se poursuivront. La police reçoit ses équipements, les mercenaires ont reçu les autorisations nécessaires pour acheminer leurs équipements, a dit une source gouvernementale, encouragée par les saisie d’armes et de munitions dans le port du Cap-Haïtien.
Mais, ce n’est pas suffisant. La frontière terrestre reste poreuse. Le contrat avec pour renforcer la sécurité et le contrôle à la frontière est presque finalisé, a confié une source gouvernementale qui s’inquiète du double impacts de la situation à la frontière sur la sécurité, avec l’entrée illégale d’armes et de munitions… Cette contrebande est aussi préjudiciable pour le secteur privé des affaires et pour l’Etat haitien, a poursuivi cette source, à quelques mois du déploiement des premiers éléments de la force de répression des gangs. On s’attend à un déploiement graduel. Entre mai et août, tout le monde table sur la présence de l’effectif prévu, 5 500 éléments.
Mi-décembre 2025, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait annoncé que les États-Unis avaient reçu des promesses de jusqu’à 7 500 agents de sécurité pour une force de lutte contre les gangs en Haïti. « Nous recherchions 5 500 hommes. Nous avons déjà reçu des promesses de jusqu’à 7 500 hommes de divers pays. Nous avons vu des donateurs se mobiliser pour financer cet effort », avait déclaré Rubio aux journalistes.
Des bases, au moins deux sont déjà identifiées pour héberger les troupes de la force de répression des gangs. Il y a actuellement des discussions sur la prise en charge des salaires, a appris Le Nouvelliste.
Par ailleurs, selon une source gouvernementale haïtienne, il est souhaitable que les installations soient en dures pour qu’elles puissent être à disposition des forces de sécurité haïtiennes à l’avenir. L’état du rapport de force sur terrain pourra être apprécié dans les semaines et mois à venir. Une source interrogée par Le Nouvelliste a indiqué que la présence de navires de l’armée américaine pour dissuader les trafiquants de drogue peut avoir eu une incidence positive sur la diminution du flux d’armes et de munitions vers les gangs en Haïti.
Mais, il reste, avons-nous appris, que les bandits disposent de moyens de pression. La population doit être vigilante. L’intensification des opérations –nécessaires, incontournables — induit une certaine volatilité de la situation sécuritaire. Le terminal pétrolier Varreux n’a pas travaillé ce jeudi 8 janvier dans un contexte d’opérations policiers contre les gangs au bas de la ville, a appris Le Nouvelliste en fin d’après-midi. « Le terminal n’a pas travaillé aujourd’hui. Nous espérons le faire demain. Opération policière dans la zone. Je n’ai pas plus d’informations », a confié notre source.
L’un des chefs de gang de Viv ansanm, fin décembre, avait ouvertement appelé ses pairs à agir pour couper l’alimentation du pays en carburant. Entre-temps, l’une de nos sources gouvernementales a estimé nécessaire de mobiliser une commission de désarmement et de réinsertion. Il faut qu’il y ait une alternative pour ceux qui veulent rompre avec les gangs. Les images de membres de gangs battus au nom de « discipline » est l’indication d’un malaise et d’un besoin d’offrir des exutoires, a dit cette source qui souligne que l’intensification des opérations, l’augmentation du risque d’être abattus par les forces de l’ordre peut avoir poussé à des défections.
Cela dit, les forces de sécurité ont intensifié leurs opérations. La tâche est colossale, les attentes immenses au sein de la population. Entre 2022 et 2025, 16 000 personnes ont été tuées selon l’ONU. Plusieurs dizaines de massacres ont été perpétrés en 2025. Le bas Artibonite et le bas Plateau central ont été l’épicentre de la terreur. Le nombre de déplacés internes est de 1,5 millions de personnes.
Source : Le Nouvelliste
Lien : https://lenouvelliste.com/article/263135/sur-le-front-de-la-securite-en-ce-debut-de-janvier-2026

























