Lundi 5 janvier, une source au Conseil présidentiel a révélé au Nouvelliste que cinq conseillers présidentiels étaient d’accord pour remplacer le 7 janvier l’actuel coordonnateur du CPT arguant que ce dernier devait passer cinq mois à diriger le Conseil comme les autres coordonnateurs avant lui.
Vingt-quatre heures après, les conseillers présidentiels se seraient ravisés. Jusqu’au 7 février 2026, Laurent Saint-Cyr devrait rester à la tête du Conseil présidentiel de transition…
À un mois de la fin de leur mandat, au moins cinq conseillers présidentiels s’étaient entendus pour remplacer le coordonnateur du Conseil présidentiel de transition.
« Nous avons déjà au moins cinq signatures pour adopter la résolution. Monsieur Saint-Cyr qui aura, le 7 janvier, cinq mois en fonction comme coordonnateur, sera remplacé », avait confié au Nouvelliste un membre du CPT, lundi soir.
Mardi soir, la situation a évolué en faveur de Laurent Saint-Cyr. « Oui, cinq conseillers présidentiels avaient donné leur accord pour remplacer Laurent Saint-Cyr. Mais maintenant, tout cela est derrière nous », a indiqué au Nouvelliste un autre conseiller présidentiel joint au téléphone.
La rumeur de renverser Laurent Saint-Cyr avait soulevé la curiosité de certains puissants ambassadeurs étrangers qui, comme d’habitude sont allés à la source au CPT. Il y a eu des appels téléphoniques entre des diplomates et certains membres du CPT, a appris Le Nouvelliste de sources présidentielles.
Si plusieurs sources bien placées au CPT ont révélé au Nouvelliste que le projet de remplacement de Laurent Saint-Cyr ce 7 janvier existait bel et bien, le conseiller présidentiel Smith Augustin interrogé sur le sujet par Le Nouvelliste et qui a accepté d’être cité dans cet article a répondu en ces termes : « À ma connaissance, il n’y a pas de résolution pour remplacer le CP Laurent Saint-Cyr avant la fin de son mandat qui est prévu pour le 7 février 2026, encore moins, que ce soit moi qui voudrais le remplacer. »
Une autre source au CPT a abondé dans le même sens mais avec un peu de nuance. « Il y a une grogne contre Laurent Saint-Cyr qui ne veut pas organiser de Conseil des ministres. Certains membres estiment qu’ils sont maintenus à l’écart des décisions… Son remplacement est évoqué, mais il n’y a rien sur la table… », explique ce contact au Conseil présidentiel.
Cinq mois après les revers de Fritz Alphonse Jean comme coordonnateur du CPT qui en cinq mois n’a pu organisé que deux Conseils des ministres, Laurent Saint-Cyr se retrouverait actuellement dans une situation de conflit ouvert avec Monsieur Jean, a appris Le Nouvelliste.
L’ancien coordonnateur du CPT ne digère pas encore la façon dont Laurent Saint-Cyr avait géré sa prise de position pour remplacer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Depuis, les deux hommes sont à couteaux tirés.
À la base, chacun des quatre coordonnateurs du CPT devait passer cinq mois à diriger le Conseil présidentiel et le dernier devait en avoir six mois jusqu’au 7 février. C’était une entente signée dans une résolution officiellement adoptée.
Mais entretemps, Laurent Saint-Cyr aurait perdu la confiance de certains membres du Conseil notamment sur des changements à opérer au sein du gouvernement et dans des directions générales comme l’ULCC.
Des sources au CPT rapportent au Nouvelliste que depuis un certain temps, Laurent Saint-Cyr peine à organiser des rencontres avec les autres membres du Conseil.
Dans son discours lors de la célébration des 222 ans de l’indépendance du pays le jeudi 1er janvier 2026, Laurent Saint-Cyr avait mis en garde contre les manœuvres de déstabilisation politique à un mois de la fin du mandat du CPT.
Par ailleurs, interrogé sur ce qui va se passer le 7 février prochain, nos sources au CPT indiquent qu’elles sont en pourparlers avec les cinq principaux groupes qui discutent sur la fin du mandat du Conseil présidentiel.
« Nous sommes en discussion avec le groupe de Jacky Lumarque, le groupe des partis politiques composé entre autres de Fanmi Lavalas, PHTK, En avant, RDNP, Unir, ASE… Nous sommes aussi en discussion avec l’équipe du sénateur Jean Renel Sénatus, le groupe de Moïse Jean-Charles et de Claude Joseph », ont indiqué plusieurs de nos sources.
Un membre du CPT annonce au journal qu’avant le 20 janvier il devrait y avoir un « accord avec au moins 60% des acteurs. Un accord qui n’irrite pas la communauté internationale, a-t-il précisé. »
Il a laissé comprendre que cet accord peut passer par le maintien d’au moins un membre actuel du CPT comme présidentiel de la République.
Si Laurent Saint-Cyr réalise des rencontres institutionnelles avec ces groupes politiques et de la société civile sur le 7 février, Le Nouvelliste a appris que de façon individuelle d’autres conseillers présidentiels rencontrent aussi ces acteurs dans l’espoir de conserver leur poste après le 7 février.
Pour le moment, il y a sur le tapis que de propositions allant dans toutes les directions qui plaident pour un exécutif composé d’un président de la République issu de la Cour de cassation et d’un Premier ministre; un exécutif dirigé uniquement par un Premier ministre; un exécutif dirigé par un Conseil présidentiel restreint et un Premier ministre; un exécutif dirigé uniquement par un président, un exécutif dirigé par des technocrates…
Source : Le Nouvelliste
Lien : https://lenouvelliste.com/article/263025/tentative-ratee-de-renverser-laurent-saint-cyr

























