Opinion. Esclavage : la France ne peut s’abstenir de l’histoire

PAR DOMINIQUE THÉOPHILE*

À l’occasion des questions d’actualité au Gouvernement du 1er avril 2026, ma collègue, la sénatrice de Guyane Marie-Laure Phinera-Horth, a interpellé le Gouvernement sur l’abstention de la France lors du vote, à l’Assemblée générale des Nations unies, d’une résolution reconnaissant l’esclavage et la traite transatlantique comme les crimes les plus graves contre l’humanité.

Sur un sujet d’une telle gravité, le Gouvernement a choisi de faire répondre le ministre chargé du Commerce extérieur. Chacun appréciera.

Au-delà du symbole, la réponse apportée, fondée sur le refus de « hiérarchiser les crimes », traduit une forme d’évitement.

Refuser de qualifier pleinement l’ampleur d’un crime, ce n’est pas protéger les victimes : c’est affaiblir leur reconnaissance.

Les faits sont pourtant incontestables : plus de 15 millions d’Africains déportés, plus de 400 ans d’un système esclavagiste organisé, racial et industriel, des millions de vies brisées et des conséquences encore visibles aujourd’hui.

En 2001, sous l’impulsion de Christiane Taubira, la France reconnaissait pourtant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Vingt-cinq ans plus tard, cette abstention crée une dissonance profonde.

L’histoire retiendra une chose simple : la France ne s’est pas prononcée.
L’histoire, elle, ne s’abstient jamais. Il convient de saluer la décision des Nations unies.

*Sénateur de la Guadeloupe, vice-président du Sénat

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp
Email

Actualité

Politique

Economie

CULTURE

LES BONS PLANS​