PAR HERVÉ MARITON*
Des manifestations contre la vie chère qui honteusement tournent des émeutes. Partout en France. Les Outre-mer ont connu cela plus tôt, redoutable préséance. L’augmentation du prix de l’essence serait un déclencheur ? Peut-être une étincelle. La vérité est que les Français, en métropole comme Outre-mer, n’ont pas le niveau de vie auquel ils aspirent. Parce que notre pays décroche. Parce que dans ce décrochage, les territoires les plus en difficultés souffrent encore plus.
Des chèques, des primes exceptionnelles ont permis, dans le passé, de sortir de crises dures, Outre-mer comme en métropole. Sans rien régler pour l’avenir, sans contribuer à une plus grande prospérité collective, au contraire. De toute manière, aujourd’hui, d’où viendrait l’argent pour payer les chèques ?
Il n’y aurait pas de solution ? Si : comprendre que l’urgence est celle d’un sérieux coup de collier pour travailler davantage, innover davantage, produire davantage. Le niveau de productivité est trop faible en France et Outre-mer aussi. Alors la France est passée sous la moyenne de richesse par habitant des pays européens, pays de l’Est compris. Nous avons eu des taux de croissance les plus faibles de l’OCDE.
Les maux qui affectent la France aggravent la situation Outre-mer, compliquent sûrement la recherche de solutions, soyons-en conscients. Les choix à venir de politique économique nous impacteront évidemment.
Les richesses – même quand il s’agit de les partager – ne tombent pas du ciel. Il faut les créer.
Tel est le sens des propositions auxquelles travaille la Fedom pour les élections présidentielles. Qu’elles soient l’occasion d’enclencher Outre-mer une nouvelle dynamique de création de richesse, d’innovation, de production de biens et de services, de mobilisation des ultramarins. Les entreprises sont une clef ; que le prochain président nous entende !
*Président de la Fédération des Entreprises des régions d’Outre-mer (FEDOM)






















