PAR HERVÉ MARITON*
L’effondrement de la dette française n’a pas été aussi brutal depuis la Terreur (1793-1794) (Les Echos, 9 octobre). La France se retrouve avec une natalité au plus bas depuis 1600 (hors les deux guerres mondiales) (La Tribune Dimanche, 11 octobre).
Crise financière, crise démographique.
La crise démographique abîme l’avenir de la France et, plus encore, de plusieurs territoires ultramarins, la Guadeloupe et la Martinique en particulier. Des compétences qui s’éloignent et un taux de natalité faible (encore plus faible qu’en métropole) ont des conséquences économiques graves, dès aujourd’hui et plus encore pour l’avenir.
Les tailles de marché, déjà modestes, diminuent, la demande se rétracte, les compétences pour faire tourner les entreprises se raréfient. Inverser cette tendance est une priorité économique et sociale.
La crise financière est profonde en France. Elle est aussi réelle s’agissant du budget de certaines collectivités. Cette situation oblige à sérier les priorités. Globalement, l’investissement doit être préféré au fonctionnement. La visibilité des trajectoires doit primer sur l’augmentation des dépenses. Les choix politiques doivent alors être cohérents, localement et nationalement.
Un contre-exemple : je comprends que les temps ne soient pas à la générosité de dépenses budgétaires supplémentaires, mais je ne comprends pas l’opposition du gouvernement à donner plus de visibilité aux aides à l’investissement productif, sans changer en rien l’équation budgétaire de 2027.
Si l’on veut que les entreprises investissent (en des temps où l’investissement public est contraint), elles doivent pouvoir préparer leurs projets, plusieurs années avant la date espérée de mise en service. Une anticipation de plus de trois ans n’est pas rare, tant le rythme de la France est lent. Aujourd’hui, le projet de loi de finances ne le permet pas. Cherchez l’erreur !
Dans l’état de nécessité où est la France, les choix doivent être plus rationnels que jamais.
* Président de la FEDOM

























