PAR ALAN NAGAM* ET DOMINIQUE VIRASSAMY*
Collègues chefs d’entreprises,
Peuple de Guadeloupe,
Depuis quelques temps, la question de l’évolution institutionnelle ou statutaire occupe une bonne partie de nos préoccupations. Si nous estimons que cette question doit devenir une priorité pour le développement de la Guadeloupe et de son économie, nous considérons qu’aucun groupement, qu’il soit politique économique ou social n’a d’autorité sur le destin du peuple Guadeloupéen.
Vouloir imposer de manière subliminale un immobilisme par la peur est un manque de respect, voire une insulte à l’intelligence des Guadeloupéens.
Nous avons lu, écouté, entendu les positions de certains et nous constatons que ces derniers ne veulent que le statu quo afin de préserver les intérêts et acquis de certaines catégories de familles d’entreprises.
Pour cela ils veulent imposer le maintien des lois et les dispositions existantes.I
Nous rappelons que l’économie de comptoir, héritage de la colonie, persiste, et plusieurs causes majeures dominent dans un mal développement :
– Défaillance des exportations
– Déficit commercial de plus de 20 % du produit intérieur brut
– Impossibilité économique d’implanter une filière de production intégrée, maîtrisant la chaîne de valeur pour satisfaire le marché trop étroit de la demande locale
– Structures d’activités « importer consommer » sans création de valeur ajoutée.
Est-ce cela que vous souhaitez pour l’avenir de notre territoire ? Que nous ayons une jeunesse condamnée à l’exil pour trouver une chance d’avenir ?
Nous rappelons que le tissu économique est constitué de 95 % de TPE dont une majorité se trouve actuellement en grande difficulté, sans aucune perspective de développement, dû à cette situation de catastrophe économique que nous vivons avec une politique fiscale et sociale scandaleuse.
Tandis que les partisans du statu quo qui ne représentent que 5 % du tissu économique, gèrent l’essentiel du potentiel qu’offre l’économie de consommation.
Si vous dites que le débat institutionnel doit être adossé à une trajectoire économique fiscale et budgétaire…
Alors, au monde économique que nous représentons, de définir le périmètre et la méthode :
– de la sécurité juridique des investisseurs et leurs impacts
– de la lisibilité et prévisibilité fiscales, modelées et adaptées à notre développement économique endogène
– de la continuité des dispositifs d’accompagnements économiques
– de l’arrêt d’alourdissement de la charge nominative pesant sur les entreprises
– de mettre en place pour les entreprises les mêmes mesures imaginées pour les dettes sociales des collectivités
– de mettre en place un développement adapté au potentiel de la biodiversité végétale marine et animale de la Guadeloupe.
– de mettre en place un dispositif d’évolution des normes de production reconnues par l’U.E.
– de sortir de la dépendance de l’Hexagone….
Autrement dit, vos préalables resteront du cancanisme contre toute évolution.
Nous vous rappelons par ailleurs que de 2003 à 2026 (23 ans d’attentisme) sans proposer, ni formuler aucune proposition, sans avoir initié aucune rencontre pour débattre de l’avenir économique, sans investissement dans la filière de production, alors que la démographie de la Guadeloupe diminue année après année, que la pauvreté et la misère s’installent au quotidien où étiez-vous ?
A Saint-Barthélemy peut-être, une collectivité en pleine croissance qui doit servir de modèle de développement à la Guadeloupe…
*Alan Nagam est président FTPE Guadeloupe, président FTPE Outre-mer
**Dominique Virassamy est président de Sauvez nos entreprises guadeloupéennes (SNEG), président de France Active

























