C’est l’un des tabous les plus tenaces : le désir ne disparaît pas avec l’âge ! Une personne âgée sur deux continue même d’avoir une sexualité.
L’augmentation de l’espérance de vie, les progrès de la médecine, l’évolution des modes de vie permettent à des personnes de 70, 80, 90 ans d’être toujours à l’écoute de leurs envies, voire d’en découvrir de nouvelles… Le poids des ans ne sonne plus forcément le glas d’un épanouissement sensuel.
Ce serait une bonne nouvelle, si la société ne refusait pas de le voir.
Seulement, la peau frippée n’est pas « vendeuse », la nudité des vieux est considérée comme repoussante, et l’expression sincère d’un désir autre que la tendresse est jugée déplacée, voire malsaine. Résultat : les vieux sont infantilisés, privés, contraints, dans un élan collectif souvent inconscient qui leur dénie un droit, pourtant légitime, à l’intime. Une tendance qui devient de la maltraitance lorsque cela se passe en Ehpad et que les couples sont séparés au nom de la bienséance. C’est à ce tabou que Marina Carrère d’Encausse s’attaque avec le documentaire Vieillir et jouir sans entraves, réalisé par Dominique Thiéry.
Des témoignages inédits
Avec la complicité de plusieurs célébrités (Pierre Arditi, Macha Méril, Antoine de Caunes, Laure Adler, Gérard Hernandez) dont certains ont, pour la première fois, accepté de prendre la parole sur ce thème très intime, la journaliste et médecin lève le voile sur la question essentielle de la place que la société réserve à ceux qui ont souvent vécu Mai 68 et qui sont désormais « les vieux ».


Grâce à la confiance de couples comme Francine et Marc (60 ans de vie commune), Jacqueline et Patrick (un jeune couple d’octogénaires), Jean-Marc et Alain (en couple depuis 34 ans), ou de célibataires comme Thierry, Madeleine ou Catherine, le documentaire libère des paroles sincères, rares et fortes, sur l’évolution du corps, de l’amour, de la curiosité, mais aussi sur les aléas de la libido et l’impact de la maladie.
Au fil des rencontres, le film dénonce les idées reçues et le jeunisme ambiant qui invisibilisent une population bien décidée à ne plus se laisser faire. Car d’autres modèles existent, que le film fait découvrir. Une maison de la diversité, unique en France, créée pour lutter contre l’isolement des personnes LGBT vieillissantes.
Certaines maisons de retraite ont créé des chambres communes pour les couples et commencent à former leur personnel à cette question de la sexualité. Certains pays, comme la Belgique, ont même instauré la possibilité d’un recours à des assistants sexuels pour permettre à certains résidents d’Ehpad très dépendants de continuer à avoir une vie intime s’ils le souhaitent.
Mardi 3 février, à 21.05 sur France 5

























