Haïti : Les milliards ne sauveront pas les élections 

Dans les jours qui viennent, pressés par les États-Unis d’Amérique et coincés après leur tentative ratée de se défaire du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, les membres du Conseil présidentiel de transition vont publier le décret électoral préparé par le Conseil électoral provisoire.

Dans les jours qui viennent, pressés par les États-Unis d’Amérique et coincés après leur tentative ratée de se défaire du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, les membres du Conseil présidentiel de transition vont publier le décret électoral préparé par le Conseil électoral provisoire. 

Pris par le temps et à cause du climat délétère au sein de l’attelage CPT-PM, le pays court le grand risque d’avoir un texte qui va permettre l’élection de candidats aux curriculums vitae catastrophiques lors des prochaines élections, tant aucune précaution n’est prise pour éviter la mainmise sur le pouvoir par les pires d’entre-nous. 

Ce ne sont ni les « Blancs » ni la communauté internationale qui offrent « baryè lib » aux prochaines élections, mais bien le texte préparé par le CEP qui sera, si la tendance se maintient, publié tel quel. Le CPT vient de perdre deux semaines, qui auraient dû être consacrées à travailler sur le décret, à tenter de prendre tous les pouvoirs sans y parvenir. 

CPT-PM-CEP vont-ils organiser les prochaines élections municipales, législatives et présidentielles pour nous sortir d’une impasse ou pour empirer notre situation ?

L’autre catastrophe annoncée lors des prochaines élections viendra de la façon dont des milliards seront octroyés aux partis politiques sans rien leur demander en retour, sinon d’intégrer des femmes et des personnes en situation de handicap dans leur liste de candidats. 

« Lors des législatives, tout parti ou regroupement de partis politiques qui présente au moins cinquante pour cent (50%) de candidatures féminines et au moins deux (2%) de candidatures de personnes en situation de handicap, qui réussit à en faire élire la moitié, bénéficie d’une augmentation de vingt-cinq pour cent (25%) de financement public lors de la plus prochaine élection législative, prévoit l’article 188 du projet de décret », explique Robenson Geffrard dans un article en Une de cette édition du Nouvelliste. 

Dans le projet électoral, tel qu’il existe jusqu’à présent, l’accent ne sera mis ni sur la signature d’un pacte pour la démocratie et la stabilité, ni sur le non recours à la violence, ni sur l’épuration des listes de candidats pour écarter les prévaricateurs, les criminels, les personnes dénoncées par la clameur publique ou des instances nationales et/ou internationales. Les milliards qui vont être distribués n’incitent même pas à la constitution de regroupement de partis politiques. Rien de constructif n’est prévu pour aider à doter le pays d’élus sensibilisés aux maux qui rongent la République. 

Haïti va dépenser des milliards pour réaliser des élections et financer des partis politiques comme si cela va se passer au paradis, avec des saints et des anges comme candidats. 

Sans disposer de boule de cristal et sans pouvoir certifier que le projet électoral est aussi mauvais pour l’avenir d’Haïti que la constitution mort-née du comité de pilotage, on peut déjà craindre le pire. Sauf si c’est cela le projet réel de la transition. 

Source : Le Nouvelliste (Frantz Duval)

Lien : https://lenouvelliste.com/article/262124/haiti-les-milliards-ne-sauveront-pas-les-elections

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