La possible « suspension » du carnaval après un nouveau meurtre en marge du défilé, dimanche 4 janvier, à Pointe-à-Pitre, fait réagir Brigitte Rodes, avocate, adjointe au maire de la ville de Basse-Terre, en charge de la Culture, conseillère départementale.

« Les groupes ont raison de refuser l’annulation du défilé du carnaval. C’est la violence qui ne doit pas passer. Pas le carnaval, insiste Brigitte Rodes. Les groupes qui défilent assurent leur sécurité et l’Etat, les forces de l’ordre, les autorités et les collectivités s’harmonisent pour assurer la sécurité et l’ordre public.
Tolérance zéro aux armes à feu, à la violence et ceux ou celles qui l’utilisent.
Le carnaval c’est tout le contraire de la violence : respect mutuel, joie collective, créativité, bonheur de vivre, être et communier ensemble.
La peur, la fuite ou l’arrêt, même temporaire du carnaval, ne sont pas vecteurs de cohésion sociale.
Au contraire, même inconsciemment, ils feraient le jeu de la violence. Ne donnons aucune caution à la violence, ni au crime. Au contraire, assurons par l’unité, l’ordre et le maintien de la paix, renforcés, un réel vivre ensemble.
Le carnaval, c’est notre culture, il est inscrit dans l’ADN de la Guadeloupéenne et du Guadeloupéen.
Aucun robot malsain, aucun esprit de désordre, aucun acte de violence ou de criminalité ne pourront ni l’arrêter, ni le détruire. Personne n’a le droit, ni la force de nous ôter le carnaval.
Les moyens doivent être mis en œuvre pour sécuriser et sanctuariser ce joyau de notre cohésion sociale et ce vecteur identitaire, corps du patrimoine immatériel de la force du Péyi Gwadloup. L’État prendra les mesures qui s’imposent pour assurer cette sanctuarisation. Le préfet de Guadeloupe, récemment arrivé, y gagnera en connaissance du territoire et des valeurs communes, pour mieux aimer la Guadeloupe, sa culture profonde, son peuple et ainsi en comprendre les enjeux et atouts.
La guerre n’est pas à mener contre le carnaval, mais contre ceux qui ont décidé d’en souiller les valeurs de cohésion sociale et de partage culturel et moral par l’intrusion d’une criminalité sauvage et sans bornes. Que l’on ne se trompe ni d’enjeu, ni de cible.
Kannaval Gwadloup sé kilti é lespwi a lanmou. Lonè é rèspè. »
Brigitte Rodes
























