Organisé par l’association Mizik an nou, le concours Biguine chantée a primé Carole Gène. Enseignante de profession, Carole Gène entend, en parallèle, poursuivre son engagement pour la valorisation et la transmission de la biguine.
Manifestation patrimoniale, Le Moule en héritage connaîtra son épilogue ce week-end. Parmi les temps forts de cette 11e édition, on retiendra le concours Biguine chantée, organisée par l’association Mizik an nou, à la salle Robert-Loyson, vendredi 23 janvier.
Des cinq candidates en lice, Carole Gène a obtenu les faveurs du jury présidé par Jean-Claude Gaspaldy, et composé d’Olga Madlon, Jean-Max Mirval et Gilbert Coco.
Professeure d’anglais, Carole Gène nourrit une vraie passion pour la biguine. L’intérêt qu’elle porte à ce genre musical va bien au-delà de sa « simple » participation au concours Biguine chantée.
Pour cette première, la lauréate a interprété Bossu-a bossu ko-w, de Léona Gabriel, mais aussi Non Mussieu, de Mario Canonge et Jocelyne Béroard, et enfin, La Guadeloupe, de Manuela Pioche, avec l’ensemble des candidates et la marraine de la manifestation, Nadia Elie.

« Cette musique me transcende ! »
« Participer à ce concours est un rêve d’enfant, confie Carole Gène, lauréate de Biguine chantée. Depuis l’enfance, au sein de ma famille, je suis bercée par la biguine avec ses mélodies enjouées, hyper vivantes… Cette musique me transcende ! J’ai assisté à beaucoup de concerts et de concours de biguine, organisés, à l’époque, au Centre des arts de Pointe-à-Pitre, avec Moune de Rivel en 1994, Winny Kaona… Tout cela a nourri mon désir de participer un jour à un concours et de chanter la biguine ! »

C’est désormais chose faite. Mais, ce trophée ne marque pas un aboutissement pour Carole Gène, bien au contraire ! Sa détermination devrait ravir les infatigables défenseurs de la biguine.
« Je vais prendre des cours de chant régulièrement pour approfondir mes compétences, ma technique vocale et mieux servir la biguine ! Même si je n’avais pas remporté le trophée, ma participation au concours Biguine chantée m’aurait boostée pour continuer à lutter pour la conservation de cet héritage musical. Je veux faire partie des ambassadeurs de la biguine ! Je ne veux pas que la biguine disparaisse : c’est mon cheval de bataille ! »
Au sein de l’établissement où elle enseigne, Carole Gène participe aussi à la nécessaire transmission de la biguine aux plus jeunes, comme elle le fait au sein de son cercle familial.
« Il y a trois ans, j’ai accompagné le professeur de musique du collège pour la préparation du Trophée Moune de Rivel, organisé par Winny Kaona, raconte-t-elle. Nous avons été lauréats avec le titre Sé’w menm ki lanmou. C’était une vraie fierté pour nous ! »
Cécilia Larney


Jean-Max Mirval : « Carole Gène est imprégnée de la culture biguine »

Créateur de plusieurs concepts dédiés à la biguine (Biguine wabap, L’Instant biguine…), le pianiste Jean-Max Mirval siégeait au jury de Biguine chantée.
« Carole Gène sortait indéniablement du lot par ses qualités vocales, sa sincérité, son naturel. Elle est imprégnée de la culture biguine, commente le pianiste. Elle possède le groove, le placement rythmique, essentiels dans la biguine et qu’il est assez difficile d’enseigner. Elle a cette énergie et cette émotion particulières, surtout pour les titres de biguine un peu mélancolique. Ce sont des qualités qu’elle doit continuer à développer, de même que ses qualités vocales. »























