Transport. Un effort de solidarité pour garantir l’avenir de la mobilité en Martinique

Réunis en Plénière le 29 janvier 2026, les élus de l’Assemblée de Martinique ont voté la proposition de modification du taux plafond du Versement Mobilité (VM), inchangé depuis 2016, afin de garantir durablement le financement du transport public.

Il s’agit avant tout d’améliorer les recettes pour moderniser et investir au profit de l’intérêt général. Cette proposition s’inscrit donc dans un principe simple : pour améliorer la mobilité en Martinique, l’effort doit être partagé avec solidarité par tous les acteurs, qu’ils soient publics ou privés.

Un transport qui fait face à des besoins croissants

Le transport collectif martiniquais fait face à des besoins croissants et est aujourd’hui financé par la Collectivité Territoriale de Martinique, les EPCI, la fiscalité et les recettes commerciales selon la répartition suivante :

La CTM contribue massivement au financement avec plus de 75 millions d’euros par an en exploitation et 35 millions d’euros en investissement soit 110 millions en 2025 contre 70 millions en 2018. Elle intervient également sur la maintenance de la voirie affectée au transport en site propre à hauteur de 1,5 million chaque année.

Malgré ces financements importants, le transport enregistre, en moyenne, un écart de près de 60 millions d’euros entre les recettes et des dépenses d’exploitation.

Une solidarité primordiale

La hausse du Versement Mobilité constitue une véritable nécessité et un mécanisme de solidarité pour poursuivre l’amélioration de la qualité du service en Martinique et maintenir la position du transport public en tant qu’un amortisseur social essentiel, facilitant l’accès à l’emploi, à la formation et aux services publics, notamment pour les publics les plus modestes.

 « Moderniser le transport c’est d’abord un acte majeur de développement économique car une mobilité performante est au cœur du progrès et de la création de valeur ajoutée », a indiqué Serge Letchimy, président du Conseil exécutif.

Forte de ce constat, la Collectivité Territoriale de Martinique propose de relever, par amendement au Projet de Loi Finance (PLF) 2027, le plafond du Versement Mobilité devenu inadapté à la réalité économique de 2 à 3% au maximum. Une fois la mesure adoptée au PLF, le taux effectivement applicable sera modulé par Martinique Transport en fonction des besoins et dans la limite des 3% et après concertation avec les milieux économiques.

Les projections montrent qu’une révision du plafond permettrait une augmentation des recettes comprise entre 8,4 et 33,5 millions d’euros.

La mesure devrait être effective d’ici 2027 et seuls les employeurs privés et publics de plus de 11 salariés seront concernés. La Collectivité Territoriale de Martinique a en effet rejeté la proposition d’abaisser le seuil du nombre de salariés à 5. « Nous devons protéger nos TPE », a indiqué le Président du Conseil exécutif.

Pour rappel, en tant qu’employeur, la CTM s’acquitte elle aussi du Versement Mobilité à hauteur de 2,8 millions d’euros par an. La hausse envisagée entraînerait une augmentation de sa propre contribution de 1,4 million d’euros supplémentaires.

La révision du Versement Mobilité ne constitue pas l’unique réponse financière. Elle devra s’accompagner d’un travail parallèle sur l’augmentation des recettes commerciales grâce à la mise à disposition d’un système de billetterie fiable et la recherche de cofinancements européens.

 Le Président du Conseil exécutif a échangé individuellement avec les organisations patronales afin d’expliquer la démarche, d’entendre leurs préoccupations et de rappeler que cette réforme n’est pas une mesure punitive, mais un investissement collectif dans l’avenir de la Martinique. Sans financement pérenne, aucune amélioration durable du service public de transport n’est possible.

La CTM fait ainsi le choix de la responsabilité : investir aujourd’hui pour garantir un transport public fiable, équitable et moderne pour demain.

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