Opinion. Municipales 2026 : quels enjeux dans le pays Martinique

PAR ROGER EUSTACHE

Les 15 et 22 mars 2026 les électeurs des 34 communes de la Martinique sont invités à élire leurs représentants qui auront en charge la gouvernance des municipalités et des Intercommunalités durant la période 2026/2032.

Certes, il s’agira de désigner les équipes qui auront à administrer durant les 6 prochaines années les 34 espaces communaux, les 3 espaces communautaires, le tout constituant l’espace territorial martiniquais administré par la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM).

Au moment où les Martiniquais expriment de plus en plus les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien … Au moment où beaucoup d’élus municipaux ou territoriaux n’hésitent pas à faire part des limites de leurs actions pour répondre aux attentes des populations … ils sont de plus en plus nombreux ces femmes et ces hommes de tout âge à être candidats à la prise de responsabilité municipale.

Lors des municipales de 2020, 116 candidats (têtes de liste), étaient en lice pour les 34 fauteuils de Maire de Martinique. Alors qu’à Saint-Joseph on enregistrait le plus grand nombre de candidatures (neuf), dans deux communes, le Prêcheur et Ajoupa Bouillon, le Maire sortant n’avait pas de concurrent.

Pour le rendez-vous des 15 et 22 mars 2026, on peut d’ores et déjà dire que nous nous rapprocherons de la barre des 150 candidats, têtes de liste … Quand on pense qu’avec chaque candidate, ou chaque candidat tête de liste, il y une vingtaine de colistiers en moyenne … on pourrait dire qu’il y a une véritable vitalité démocratique dans notre pays, avec un vrai engagement pour la chose politique.

Alors face à une telle richesse de l’offre politique, comment expliquer un taux d’abstention jugé toujours trop important :

Rappel du taux d’abstention aux élections municipale de 2020 (il y avait la crise du COVID) : 60,88 % au 1er tour contre 45,58 % – 47,06 % au 2e tour contre 35,60 % en 2014

Dès lors on peut s’interroger sur les enjeux de ces élections municipales et communautaires de mars 2026.

Qu’attendent les Martiniquais de leurs futurs élus municipaux et communautaires ? Que proposent ces femmes et ces hommes qui se présentent aux suffrages des Martiniquais ?

Ces élections de mars 2026 interviennent dans une Martinique où les problématiques sont multiples et rappelées au sein du Congrès des élus réunis tout récemment en présence des Maires, membres à part entière de cette Instance : les congressiste n’ont pas manqué en effet de dresser un tableau plus que préoccupant de la situation dans notre pays , en soulignant le manque de moyens mis à leur disposition afin de mettre en place des politiques publiques adaptées — un constat qui justifierait selon eux, une demande d’évolution institutionnelle se traduisant par l’attribution aux élus martiniquais d’un pouvoir permanent d’adaptation, d’édiction dans certains cas, de la norme juridique (un Pouvoir normatif autonome local).

Sans pour cela chercher à domicilier au niveau des communes, des compétences et des pouvoirs attribués à l’Etat, à la CTM (collectivité majeure) ou aux 3 EPCI (CAP NORD – CACEM – ESPACE SUD) … les populations des communes doivent attendre de ces prétendants à la responsabilité municipale qu’ils se prononcent aussi, et prennent des initiatives aussi concernant les questions suivantes notamment :

  • L’eau et l’électricité avec des services coûteux pour les consommateurs et pas toujours assumés avec des coupures intempestives et des insuffisances ;
  • La violence et l’insécurité qui gangrènent notre société et qui détruisent nos jeunes et … notre population – une population qui ne cesse de diminuer et qui subit le phénomène du remplacement que certains semblent ne pas voir ;
  • La cohésion sociale et territoriale ;
  • Le sous-emploi et l’absence d’activités économiques durables participant au développement du pays et à l’épanouissement des populations ;
  • L’aménagement du territoire et l’urbanisme devant participer à un développement durable et solidaire équilibré du pays et des territoires à tous les points de vue, mais aussi à la sécurisation de nos populations exposées à tous les risques ;
  • Le foncier, la protection de nos patrimoines terrestres et maritimes : nous constatons une dégradation de ces milieux avec un déficit de l’action publique dans notamment la politique de déchets, l’occupation sauvage de nos plateformes maritimes … la multiplication de décharges sauvages, l’envahissement de nos littoraux par les sargasses …la diminution de nos terres agricoles …

Les candidats aux prochaines municipales de 2026 ne devront-ils pas porter et intégrer aussi dans leur projet municipal, les problématiques débattues au sein du Congrès des Élus (en présence des Maires et membres de ce même Congrès).

Peut-être que c’est là aussi une manière de sensibiliser et de permettre aux citoyens martiniquais de comprendre les débats et revendications initiés au Congrès des élus … ce afin de leur permettre d’être acteurs de leur avenir et de celui de leur pays.

Ne dit-on pas qu’il semblerait que selon un sondage, une majorité de Martiniquais ne serait pas favorable à une évolution institutionnelle de la Martinique.

Peut-être parce que celles et ceux qui devraient expliquer et faire comprendre l’intérêt de cette dite évolution ne l’auraient pas fait, ou encore parce que les martiniquais n’auraient plus confiance en leur élus ?

La question prioritaire reste néanmoins la gouvernance de nos Communes au plus près.

Les attributions du conseil municipal sont très larges depuis la grande loi municipale de 1884, qui le charge de régler « par ses délibérations les affaires de la commune ».

Cette compétence s’étend à de nombreux domaines en constante évolution.

La notion d’« affaires communales » ne fait l’objet d’aucune définition précise et limitative.

Par ailleurs la « clause générale de compétence » peut être interprétée comme permettant la mise en œuvre d’actions d’intérêt public au niveau communal sans renvoi à des domaines d’activité déterminés.

Alors, engageons à l’occasion de cette campagne électorale des municipales 2026, un vrai débat sur, d’une part la protection et le développement de nos espaces municipaux, parties du territoire de notre Pays Martinique, et d’autre part l’épanouissement de nos populations.

Le 17 février 2026

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