Guadeloupe. Département : plus d’un milliard de budget primitif

Le projet de budget primitif pour 2026 présenté en plénière, ce matin, s’établit ainsi, mouvements réels et d’ordre confondus, à 817,2 millions d’euros en section de fonctionnement et à 197,2 millions d’euros en section d’investissement, soit un montant global de 1,014 milliard d’euros.

En ouverture de la plénière du Conseil départemental, le président Guy Losbar demande une minute de silence pour les nombreuses personnalités de Guadeloupe et pour Lionel Jospin, ancien Premier ministre, décédés ces dernières semaines.

Il félicite ensuite les maires réélus et élus il y a une semaine. Il a un mot de consolation pour ceux qui ont échoué…

« Les Guadeloupéens attendent de nous :
des décisions rapides,
des résultats concrets,
des transformations visibles.
Le temps de la campagne et des élections est donc passé ! Place au temps de l’action au service de tous les guadeloupéens sans exception. Et avec vous tous, il nous appartient d’être à la hauteur de cette demande. »

Avant de rappeler le travail en cours pour l’évolution des institutions locales, ceci l’année des 80 ans de la Départementalisation. « Nous poursuivons notre trajectoire avec méthode, sérieux et responsabilité. »

« La concertation se poursuit également dans de très bonnes conditions de dialogue et de respect avec les acteurs économiques qui sont tous conscient que le statu quo n’est plus possible », précise-t-il.

«Au moment où certains commencent à agiter les vieux démons de la peur, je leur dis que les élus guadeloupéens se sont prononcés trois fois lors des Congrès. L’évolution souhaitée n’a pas vocation à plonger le pays dans le chaos financier ni dans la perte des acquis sociaux. Rien ne se fera sans les Guadeloupéens. »

Le président Guy Losbar explique la présence des directeurs de la Banque des Territoires, MM. Rolland et Guillien, avec lesquels une convention devrait rapidement être signée d’un montant de 150 millions d’euros, prêt à très long terme, pour les travaux de rénovation du réseau d’eau.

Le budget primitif qui est présenté est offensif dans un moment où de nombreux Département de France — 60 sur 101 — sont en difficultés.

De quoi est constitué ce BP ?

Le budget est établi à 888 M€, dont 723 M€ en fonctionnement et 165 M€ en investissement.

Dans le détail.

255 M€ seront consacrés à l’insertion et l’accompagnement social notamment pour poursuivre la mise en place des dispositifs d’accompagnement pour les bénéficiaires du RSA, le soutien aux parcours d’insertion et le renforcement des actions favorisant le retour à l’emploi.

218,8 M€ seront affectés à l’accompagnement des personnes âgées, des personnes autrement capables, de l’enfance et des familles afin de répondre aux besoins croissants des Guadeloupéens, à travers notamment le versement des prestations telles que l’APA ou la PCH, ou encore la mise en
œuvre des actions de prévention et de protection sociale de l’enfance ainsi que la protection maternelle et infantile.

7,4 M€ seront alloués à l’enseignement notamment à travers le financement du fonctionnement des collèges, le soutien aux projets éducatifs et l’accompagnement des élèves, notamment ceux en situation de handicap.

Le Département réaffirme son engagement aux côtés du SMGEAG

Dans un contexte où la question de l’eau demeure une attente majeure des populations, le Département réaffirme son engagement aux côtés du SMGEAG, en poursuivant son soutien aux opérations de modernisation et de sécurisation des réseaux.

Cet engagement s’inscrit dans une stratégie plus large d’accompagnement des infrastructures essentielles, visant à mettre un terme aux tours d’eau, à durablement améliorer le service rendu aux usagers et à renforcer la résilience du territoire face aux fragilités structurelles du réseau.

C’est en sens que le Département a engagé des discussions avec la Banque des territoires, dossier présenté lors de la plénière, pour envisager la mobilisation d’un emprunt d’un montant de 150 M€, de très longue durée (60 ans) à taux préférentiel, 2% (Aquaprêt), qui permettra à la Collectivité d’apporter une nouvelle contribution significative au règlement de la question de l’eau.

VERBATIM
« Dans dix ans, quelle Guadeloupe voulons-nous laisser à nos enfants ?
Une Guadeloupe qui subit, ou une Guadeloupe qui décide ?
Une Guadeloupe dépendante ou souveraine au plan alimentaire?
Je vous propose de faire le choix d’une Guadeloupe qui se tient debout.
Une Guadeloupe qui maîtrise ses ressources, son énergie, son alimentation.

Une Guadeloupe qui transforme ses contraintes en forces, ses vulnérabilités en opportunités.
Je veux que nous ayons bâti une économie plus résiliente, une société plus solidaire, un territoire plus autonome dans ses choix.
Mais cela ne se décrète pas.
Cela se construit, pas à pas, décision après décision, investissement après investissement.

Et c’est précisément le sens de ce budget. »

Depuis l’Assemblée nationale, Elie Califer, président de la Commission des Finances, était censé donner lecture du rapport de celle-ci… Ou, du moins, l’a-t-il tenté, la visioconférence étant chaotique. Vite abandonnée.

Jean-Philippe Courtois, premier vice-président, relaie la bonne parole pour présenter les observations de la commission sur le budget primitif et les autres dossiers à l’ordre du jour.

Ce budget primitif est présenté dans une période où les finances publiques sont contraintes, la France étant lourdement endettée. Néanmoins, le Département Guadeloupe a décidé de poursuivre ses actions de solidarité afin de répondre aux urgences sociales — plus de 500 millions d’euros — et de développement harmonieux du territoire — le programme pluriannuel d’investissement de la collectivité se chiffre à près d’un milliard d’euros d’ici à 2028.

Le projet de budget primitif pour 2026 s’établit ainsi, mouvements réels et d’ordre confondus, à 817,2 millions d’euros en section de fonctionnement et à 197,2 millions d’euros en section d’investissement, soit un montant global de 1,014 milliard d’euros.

« La commission prend acte que 785 M€ de recettes sont inscrites au BP 2026.
Celles-ci sont ventilées comme il suit :

  • 289 M€ de fiscalité locale directe,
  • 268,7 M€ de fiscalité indirecte,
  • 156 M€ de dotations et participations.

Les commissaires relèvent que la structure des ressources de la collectivité demeure globalement stable, reposant principalement sur la fiscalité directe et indirecte ainsi que sur les dotations de l’État et les participations des partenaires. Ils soulignent toutefois le caractère peu dynamique de certaines recettes, qui renforce la contrainte pesant sur l’équilibre budgétaire », souligne Jean-Philippe Courtois.

Pour ce qui est des investissements, pour 2026 :

  • 96,2 M€ de réalisation de travaux,
  • 31,5 M€ de versement de subventions d’équipement à des tiers,
  • 8,3 M€ d’acquisition d’équipements,
  • 4,6 M€ de lancement d’études,

De nombreux projets emblématiques verront le début de leurs études et travaux en 2026, énumère Jean-Philippe Courtois, à l’instar de la Maison du handicap et de l’autonomie, la transformation de l’ancienne gendarmerie de Pointe-Noire en Centre d’Appui à l’Autonomie Locale et à l’Inclusion, la réalisation d’un parc paysager au Jardin d’Essai et le développement de l’éco-parc du barrage de Letaye, le tiers lieu nourricier de La ramée à Sainte Rose…

Globalement ce sont près de 15 M€ qui seront mobilisés pour la réalisation de travaux dont 9,8 M€ pour les bâtiments administratifs et sociaux, et 4,8 M€ pour les bâtiments culturels.

Pour les collèges, les moyens affectés se chiffrent à 36,7 M€ et sont destinés à :

  • la poursuite des travaux de confortement parasismique à hauteur de 16 M€
  • et à de grosses réparations pour un montant de 9,7 M€,
  • au financement de frais d’études à travers la mobilisation d’un crédit de 1,3 M€,
  • et à la mise en œuvre de travaux neufs à hauteur de 1,2 M€,
  • à l’acquisition de mobilier, de matériels multimédia, de matériel de restauration, d’équipements sportifs à hauteur de 3 M€.

Pour ce qui est des routes, les crédits réservés au BP 2026 se chiffrent à 25,4 M€, notamment pour le programme de sécurisation et d’entretien du réseau (13 M€), pour le lancement des travaux du pont de Saint Louis et de finalisation de ceux liés au pont de Sainte Claire (6 M€) ainsi que pour la poursuite des travaux de mise en sécurité d’ouvrages d’art (4 M€).

S’agissant des ports, une enveloppe de 10,8 M€ permettra de poursuivre les travaux du schéma départemental, conformément à la stratégie du Département visant à activer le potentiel économique de ces infrastructures. A noter l’inscription du crédit de 0,4 M€ pour la capitalisation de la SPL Ports de Guadeloupe.

En ce qui concerne les aides aux communes et autres collectivités, les moyens consacrés s’élèvent à 21 M€ dont :

  • 16 M€ de subventions prévues au profit des communes et notamment dans le cadre des contrats de Péyi,
  • 2,5 M€ de contributions accordées à d’autres structures publiques (EPCI, SDIS).

Jimmy Fausta, au nom d’une partie de l’opposition, affirme que… s’il ne votera pas le budget primitif, il ne s’y opposera pas…

Brigitte Rodes passe en revue les travaux routiers ou patrimoniaux à achever ou poursuivre en urgence sur le territoire de Basse-Terre, dont elle est l’élue, reconnaissant avec urbanité que le Département — elle est élue de l’opposition — fait son travail dans la zone.

Elle est rassurée par Richard Albina, directeur général des services techniques.

Marie-Yveline Ponchateau-Théobald, troisième vice-présidente titulaire du SDIS, s’étonne de ne pas avoir été invitée aux discussions menées avec les représentants syndicaux du personnel reçus lundi pour présenter des revendications. Elle demande si c’est un incident ou une nouvelle méthode de travail. Elle précise : « Je ne suis pas fâchée ! Mais, je suis toujours là dans les commissions, prête à travailler avec tout le monde. »

Guy Losbar rassure, explique ce qu’il s’est passé. Les représentants syndicaux devaient venir rencontrer les élus en fin de semaine. Mais, comme ils étaient pressés de voir ceux-ci et pouvaient venir en plénière exposer leurs griefs, il a décidé de les recevoir, rapidement, lundi après-midi, avec les élus qui étaient à ce moment-là à la résidence départementale. « Ce n’est pas ma façon de mettre des élus de côté. Nous travaillons ici en toute transparence. Je vous rassure, nous n’avons pas décidé comme ça d’accorder deux, trois millions sur un coin de table. Nous nous réunirons et nous verrons ce que nous pouvons faire mais ce seront des investissements pour dix, quinze ans.»

Neuf abstentions pour le vote du budget primitif.

Loïc Rolland, directeur régional Antilles-Guyane, et Jean-Marie Guillien, directeur territorial de la Banque des Territoires, présentent les modes d’interventions de la banque, avec un zoom sur l’Aquaprêt qui a été évoqué par le président Guy Losbar.

Jean-Marie Guillien, directeur territorial Guadeloupe, et Loïc Rolland, directeur régional de la Banque des Territoires.@AJV

Loïc Rolland : « L’argent vient essentiellement du fameux Livret A. Il finance le logement social et des projets de territoire des collectivités locales. Il permet de consentir des prêts longs, voire très longs, avec des taux identiques sur des investissements qui sont précis. »

Adrien Baron commente le volet solidarités du BP :

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