Cuba. Le Parti communiste ne peut pas durer éternellement

Le mot signifie une fête animée, mais à Cuba, il symbolise la liesse et le plaisir, et coïncide avec un autre type de fête qui a débuté en 1959.

En 1959, Claudio Eddy Cuza, un Cubain né à Baracoa, scénariste radio et compositeur connu sous le nom de scène d’Eduardo Davidson, sort une chanson très populaire à l’époque : « La Pachanga », une mélodie très rythmée et dansante aux influences africaines, brésiliennes et cubaines.

Le premier interprète fut le chanteur Rubén Ríos, accompagné par l’Orquesta Sublime et avec un arrangement du célèbre flûtiste Richard Egués. Son succès fut tel que des personnalités comme Rolando Laserie, Luis Aguilé, la vedette Rosita Fornés, Celia Cruz, le groupe Los Llopis, Pacho Alonso et l’orchestre Fajardo y sus Estrellas, qui l’interpréta au Waldorf Astoria de New York, l’intégrèrent à leur répertoire.

Ce mot signifie « fête animée », mais à Cuba, il symbolise la liesse, le plaisir, l’effervescence, la gaieté et d’autres synonymes, et il coïncide avec un autre type de « pachanga ». Également apparue en 1959, elle dure depuis 67 ans. Je fais référence à celle initiée par les frères Castro (et non à l’orchestre du même nom), mais à ces deux individus qui prirent le pouvoir avec un groupe de partisans à Cuba.

La célébration actuelle présente des caractéristiques très particulières : une joie muée en tristesse sous le poids de la répression, du manque de liberté, de l’emprisonnement, de la misère et de la mort. Initiée par ce duo, elle se poursuit encore aujourd’hui contre ceux qui s’opposent au système.

Ainsi, de nombreux Cubains ont été exécutés, emprisonnés, déportés et humiliés. Ce soulèvement fait partie du spectacle tragique et douloureux que nous subissons encore, marqué par toutes sortes d’abus.

Dès les premiers jours du régime castriste, cette clique s’est emparée du pouvoir. Durant les huit premiers jours suivant le triomphe de la barbarie sur la démocratie, dans une démonstration triomphaliste, les révolutionnaires barbus ont parcouru toutes les provinces du pays, de Santiago de Cuba à La Havane.

Ce tumulte sur les routes et dans les rues, offrant un spectacle pour voir et saluer les vainqueurs, se répète chaque année depuis.

Le premier grand rassemblement de masse fut la manifestation organisée devant ce qui était alors le Palais présidentiel. Là, avec des pigeons dressés, le Commandant réussit l’un de ses premiers actes symboliques, lorsqu’un de ces oiseaux se posa sur son épaule en signe de paix. S’il avait étudié la magie, il n’aurait jamais pu imaginer un numéro de cirque plus réussi.

Une autre grande fête, organisée par le groupe vêtu de vert olive, devait inviter des agriculteurs de toute l’île et les rassembler dans la capitale pour célébrer la loi de réforme agraire sur ce qui est aujourd’hui la place de la Révolution.

Faute de capacités d’accueil suffisantes, les habitants de la ville furent sollicités pour héberger autant de visiteurs que possible, et, bien entendu, une partie des dépenses était à la charge de ces familles. Ainsi débuta le programme « aux frais du peuple », c’est-à-dire financé par le peuple, pour maintenir le système et sa propagande.

L’affaire ne s’arrêta pas là : nombre de ces hommes, voyant le développement de la capitale, refusèrent de retourner dans leurs villages d’origine et durent y être contraints. Peu après, beaucoup revinrent à La Havane pour s’y installer définitivement. Cette nouvelle fête eut pour conséquence une pénurie de main-d’œuvre agricole, pilier de l’économie et de l’approvisionnement alimentaire, qui se fait encore sentir aujourd’hui.

Peu après, fut lancée la création d’un programme de bourses pour les jeunes agriculteurs désireux d’étudier. Situées dans de grandes demeures bourgeoises, nombre de ces propriétés tombèrent en ruine. Après en avoir tiré profit, le gouvernement les a vendus comme « biens détournés ». De cette génération d’étudiants boursiers ayant atteint un certain niveau de qualification, presque aucun n’exerce aujourd’hui sa profession.

Au fil du temps, ces maisons ont été restaurées et remises aux hautes sphères du gouvernement et à l’élite militaire. Aujourd’hui, elles sont à leur disposition, tandis que le peuple continue de vivre dans des maisons délabrées, sans que l’un des points essentiels du plaidoyer « L’Histoire m’absoudra » ne soit respecté : le droit à un logement décent.

Lors de l’exode de Mariel, déclenché par les événements de l’ambassade du Pérou, des foules incitées par la dictature castriste ont organisé des manifestations dites de « répudiation ». Ceux qui souhaitaient partir ont subi insultes, humiliations et agressions physiques lors de véritables orages violents avant de pouvoir émigrer.

Il existe également des fêtes parmi les familles de hauts fonctionnaires, qui voyagent et jouissent de privilèges, s’affichant sur les réseaux sociaux avec boissons et nourriture abondante, tandis que le peuple est confronté à la pénurie. Comme l’a dit Carlos Rafael Rodríguez, à Cuba, c’est « le socialisme avec la fête ».

Ces derniers temps, ces manifestations se sont déplacées vers la Tribune anti-impérialiste, le Malecón ou les marches de l’Université, afin de démontrer le soutien populaire, la place étant saturée. Sur place, des discours côtoient des concerts du mouvement Nueva Trova, avec Silvio Rodríguez, qui, selon ses détracteurs, a troqué sa guitare contre un fusil AK-47.

Dresser la liste de tous ces rassemblements exigerait plusieurs volumes, mais la question essentielle demeure : combien de temps cela va-t-il durer ? Sans date précise, tout porte à croire qu’une transition vers la liberté et la démocratie est imminente.

Reconstruire la société et l’économie sera une tâche longue et complexe, mais, au final, peut-être pourrons-nous dire, comme Christophe Colomb : « C’est la plus belle terre que l’œil humain ait jamais vue. »

Source : CubaNet

Lien : https://www.cubanet.org/la-pachanga-de-los-comunistas-no-puede-ser-eterna/

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