Dans un monde où les musiques voyagent sans frontières, la scène ultramarine, foisonnante et singulière, reste trop souvent méconnue au-delà de ses rivages.
Jean-Claude Naimro, du groupe Kassav’, Bertrand Dicale, critique musical, Christine Salem, figure du maloya… seront les invités du nouveau numéro d’Outre-mer, et si on bougeait les lignes ? consacré aux principaux défis auxquels les artistes d’Outre-mer sont confrontés.
Du shatta caribéen au debaa des femmes soufies de Mayotte, en passant par le gwoka, le bèlè, le maloya ou le kaneka calédonien, les musiques ultramarines dessinent un paysage sonore d’une richesse exceptionnelle. Chaque territoire y apparaît comme un laboratoire de fusion, où traditions et influences contemporaines — reggae, rap, musiques électroniques — se mêlent en une identité vivante, marquée par l’empreinte d’une histoire complexe.
Des programmateurs restent peu curieux des scènes ultramarines
Pourtant, derrière cette vitalité, les fragilités sont profondes. Si la musique est la pratique culturelle la plus partagée en Outre-mer, elle évolue dans un écosystème quasi inexistant. Absence de conservatoires, de filières professionnelles structurées, de bureaux de production, de salles de répétition.
Les artistes manquent d’espaces pour travailler, de compétences locales pour les accompagner et de relais dans l’Hexagone, où les programmateurs restent peu curieux des scènes ultramarines. Un paradoxe saisissant, illustré par l’ouverture en 2025 du conservatoire de Martinique, alors que le projet germe depuis les années 1980.
Même constat quand il s’agit pour un artiste de trouver une maison de disques. Très peu de labels sont implantés dans les territoires, et en dehors des périodes de festivals, ces derniers ne se déplacent que très rarement pour aller chercher de nouveaux talents.
Sur Guadeloupe La 1e, mercredi 6 mai, à 22.15


























