Réuni à Bercy, mardi 7 juillet, sous la présidence de Sébastien Lecornu, le comité d’alerte a évalué à 3 milliards d’euros les nouveaux risques de dépassement du budget 2026 qui devront être compensés…
Lancé en avril 2025, le comité d’alerte rassemble l’ensemble des acteurs concernés par les finances publiques : parlementaires, représentants des élus locaux, représentants des partenaires sociaux, représentants des caisses de Sécurité Sociale et représentants institutionnels (Cour des comptes, Banque de France, INSEE, Haut Conseil des Finances publiques).
Le comité d’alerte du 7 juillet, le deuxième de l’année 2026, a permis d’identifier de nouveaux risques de dépassement des dépenses à hauteur d’environ 3 milliards d’euros :
- 2 milliards d’euros sur l’État liés à la poursuite des mesures de soutien, dont le coût total s’élève aujourd’hui à 1,4 milliards d’euros, et aux tensions sur certains budgets ministériels ;
- 1 milliard d’euros sur l’Assurance maladie.
Conformément au principe fixé par le gouvernement, ce surcroît de dépense publique devra être compensé par des économies, afin de « continuer à maîtriser le déficit et conserver la capacité à faire face aux aléas. »
Dans ce contexte, les collectivités territoriales pourraient également avoir à identifier des sources d’économies face à l’augmentation mécanique de leurs dépenses.
Les finances publiques restent dépendantes de la conjoncture

La prévision de croissance pour 2026 est révisée à 0,7 %, contre 0,9 % précédemment. Cette révision s’explique par un premier trimestre inférieur aux anticipations et à l’entrée en vigueur différée du budget 2026 du fait de la loi spéciale, par un deuxième trimestre qui devrait être marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’activité, ainsi que par une hypothèse prudente pour les troisième et quatrième trimestres.
Si le reflux de l’inflation observé en juin et la reprise de la consommation constituent des signaux encourageants, ils ne suffisent pas à eux seuls à atteindre une croissance de 0,9 % sur l’ensemble de l’année.
La loi de finances prévoit de réduire le déficit public de 5 % du PIB en 2026. En raison des conséquences de la crise énergétique, cet objectif apparaît plus difficile à atteindre. Le Gouvernement souhaite toutefois prendre les mesures nécessaires pour demeurer au plus près de cette cible.
Une nouvelle estimation de déficit public sera présentée en septembre, au moment du dépôt du projet de loi de finances pour 2027, afin de tenir compte des données disponibles.
Toute dépense nouvelle de l’État et de la Sécurité Sociale doit être compensée
En avril, lors du premier comité d’alerte de 2026, le coût de la guerre en Iran pour l’État avait été estimé à 6 milliards d’euros, incluant 3,6 milliards d’euros au titre de la charge de la dette, le coût budgétaire des aides annoncées pour accompagner les secteurs professionnels et les Français les plus touchés par la crise, dont le coût prévisionnel s’élevait au 21 avril à 150 millions d’euros, et le coût de l’intensification de l’engagement des Forces armées, qui avait été évalué à environ 1 milliard d’euros.
Pour compenser ces risques budgétaires liés à la crise, le gouvernement a mis en œuvre une réduction des dépenses publiques en déployant 6 milliards d’euros de mesures de précaution : 4 milliards d’euros de dépenses ont été stoppées sur l’Etat et ses opérateurs par deux décrets du 11 juin et 2 milliards d’euros sur la sphère sociale à travers le gel des allègements généraux de cotisations sociales des entreprises par décret du 12 juin.
Pour aller plus loin
Le comité d’alerte des finances publiques a été réuni mardi 7 juillet à Bercy sous la présidence de Sébastien Lecornu, Premier ministre, par Roland Lescure, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées et Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.























