Le bus de l’Établissement français du sang (EFS) continue de sillonner les communes de Guadeloupe. Il a fait escale sur la place de l’église du Moule.
Après le succès de la collecte organisée en juin à Destreland (Baie-Mahault), puis de celle de Basse-Terre la semaine dernière, le bus de collecte de l’EFS (Établissement français du sang ) a fait étape au Moule, samedi 18 juillet, pour la matinée.
« Le Moule est une commune avec beaucoup de donneurs, dont beaucoup d’habitués », indique Caroline Temple, infirmière.
Premier donneur de la matinée, Serge s’est dit « satisfait » de l’accueil qui lui est réservé à chaque collecte. Donneur depuis ses 20 ans, le quinquagénaire invite chacun à donner son sang, même occasionnellement.
À l’image de Serge, l’EFS poursuit ses campagnes de sensibilisation auprès de la population. L’Etablissement se félicite des bons résultats obtenus auprès des jeunes, notamment grâce aux interventions à l’Université des Antilles et dans les lycées. Cette année, la part des nouveaux donneurs avoisine les 20 %, un chiffre encourageant pour assurer le renouvellement des donneurs.
Donner : une nécessité
Pour rappel, le don de sang s’adresse à toute personne en bonne santé âgée de 18 à 70 ans et pesant au moins 50 kilos. Il est impératif de ne pas être à jeun au moment de la prise de sang et de se munir d’une pièce d’identité.
Le don de sang est un geste simple et salvateur, mais encore très peu pratiqué dans notre archipel. En effet, selon Stéphane Bégué, directeur de l’EFS Guadeloupe-Guyane, les donneurs représentent à peine 2 % de la population apte à donner son sang. Pourtant, la Guadeloupe possède un fort potentiel de donneurs (250 000, selon l’Insee).


Bien que le résultat des collectes demeure en deçà des attentes régionales, celle du 18 juillet au Moule a été satisfaisante avec un total d’une trentaine de poches. « Pour arriver à l’autosuffisance, il faudrait prélever 40 poches par jour, explique la docteure Katia Slama. Mais on n’arrive que très rarement à faire une collecte de 40 poches. »
Une situation critique
Depuis plus d’une quinzaine d’années, la Guadeloupe n’est plus autosuffisante en produits sanguins. Une situation d’autant plus préoccupante que le métissage de la population entraîne une plus grande fréquence de la présence de groupes sanguins et de phénotypes rares. De plus, les maladies chroniques comme la drépanocytose requièrent une compatibilité sanguine parfaite afin de garantir l’efficacité et la sécurité des transfusions.
Aujourd’hui, la moitié des produits sanguins utilisés en Guadeloupe provient de l’Hexagone. Compte tenu de la durée de conservation des produits sanguins – 42 jours pour une poche de sang et seulement 7 pour les plaquettes –, cette dépendance réduit les marges de manoeuvre pour répondre rapidement aux besoins des patients de l’archipel.


« Nous sommes dans une période critique, car nous dépendons beaucoup de la métropole pour les poches, alerte la docteure Slama. Avec la canicule, on observe une baisse des dons. Il est donc très important que les Guadeloupéens se mobilisent pour qu’on arrive à l’autosuffisance. »
Au Moule, les donneurs ont répondu à l’appel. Reste à espérer qu’ils seront suivis par de nombreux autres à la Maison du don de Pointe-à-Pitre ou au camion de l’EFS, qui sera présent au Gosier (Bas-du-Fort), lundi 20 juillet.
Lucas Thomis

























