Cap Créole, Renée et Papa Rouyo sont allés à la rencontre du marché de Trinidad & Tobago.
Ceci s’est fait dans le cadre d’un partenariat entre la Technopole I-NOVA Guadeloupe et son homologue trinidadien, le CARIRI (Caribbean Industrial Research Institute). Une première qui donne des résultats encourageants et qui devrait, à terme, ouvrir la voie à d’autres entreprises du territoire.
En juillet 2026, trois entreprises guadeloupéennes de l’agroalimentaire se sont rendues à Trinidad & Tobago pour ce qu’on appelle une « Learning Expedition » : un déplacement organisé sur place, pendant une semaine, pour aller à la rencontre concrète d’un nouveau marché plutôt que de l’étudier à distance.



Concrètement, cela veut dire visiter des usines, rencontrer des distributeurs, présenter ses produits à de vrais consommateurs et repartir avec des premiers retours de terrain.
Qui fait quoi : I-NOVA et le CARIRI
La Technopole I-NOVA Guadeloupe soutenu par la Région Guadeloupe et le Fond de Coopération Régional de la Préfecture de Guadeloupe a bâti avec le CARIRI (l’équivalent trinidadien d’I-NOVA, spécialisé dans l’accompagnement industriel) ce programme d’échange :
• I-NOVA a sélectionné et préparé les entreprises guadeloupéennes en amont, coordonné la mission et accompagne aujourd’hui le suivi de chaque entreprise une fois rentrée.
• Le CARIRI a ouvert les portes de son écosystème sur place : ses centres techniques, son réseau de distributeurs et d’industriels, ses contacts institutionnels.
C’est cette complémentarité qui a permis aux trois entreprises guadeloupéennes de ne pas simplement « visiter » Trinidad & Tobago, mais d’y être introduites directement auprès des bons interlocuteurs.
Trois entreprises, une même mise à l’épreuve du marché
Cap Créole, qui valorise les produits de la mer (rillettes, poissons fumés), a fait découvrir ses produits en dégustation directe auprès des consommateurs et professionnels trinidadiens.
Renée, qui propose une version prête à consommer du chocolat chaud antillais, confirme un accueil très favorable : plus de 80 % d’avis positifs sur près de 180 retours consommateurs recueillis lors de son passage au salon TIC.
Papa Rouyo, distillerie de rhum agricole guadeloupéen déjà exportée dans 12 pays, a pu élargir son réseau de contacts professionnels sur un marché encore inexploré pour la marque.
Les trois entreprises ont pu nouer des contacts commerciaux concrets et repartent avec plusieurs pistes de collaboration à approfondir dans les prochains mois.
Une mission aussi tournée vers l’innovation
Au-delà des contacts commerciaux, cette mission illustre ce qui distingue une technopole comme I-NOVA d’un simple accompagnement à l’export : la volonté de combiner développement commercial et innovation produit. Sur place, les entreprises guadeloupéennes ont pu accéder aux infrastructures techniques du CARIRI, notamment son centre de transformation alimentaire et son centre de recherche sur le cacao, pour explorer des pistes de prototypage et d’adaptation de leurs recettes aux goûts et usages caribéens.
C’est cette dimension technique, autant que commerciale, qui doit guider la suite du programme : aider les entreprises du territoire à innover, pas seulement à vendre ailleurs.
Le point d’orgue : le Trade And Investment Convention (tic)
Point central du séjour, le TIC est le principal salon économique de Trinidad & Tobago : pendant plusieurs jours, entreprises, distributeurs et investisseurs de la zone Caraïbe s’y retrouvent pour présenter leurs produits et nouer des partenariats. Y participer a permis aux trois entreprises guadeloupéennes de gagner en visibilité directement auprès des acteurs qui comptent sur ce marché, et de tester en conditions réelles l’accueil réservé à leurs produits.
Pourquoi c’est important pour les entreprises locales
Pour une entreprise guadeloupéenne, exporter reste un pari risqué : coûts de prospection, méconnaissance du marché, absence de contacts sur place. Ce programme permet de lever une partie de ces obstacles en mutualisant les coûts et en s’appuyant sur les réseaux déjà installés du CARIRI, plutôt que de partir à l’aventure seul.
C’est une manière concrète, pour la Technopole, d’aider les entreprises du territoire à grandir au-delà du marché guadeloupéen, un enjeu essentiel pour des entreprises qui, sur une île, se heurtent vite aux limites d’un marché local restreint.
« Au-delà des contacts clés que les entreprises ont pu récupérer, la mission a confirmé aux trois entreprises que les innovations guadeloupéennes ont tout à fait leur place sur les marchés caribéens qui partagent des habitudes de consommation similaires. »
Claudia Philibert, chargée de mission R&D Agro transformation à la Technopole I-NOVA.
« Cette mission a permis à Cap Créole de confirmer le potentiel de ses produits à Trinidad, de mieux appréhender les attentes du marché local et d’ouvrir de nouvelles perspectives de développement sur ce territoire. »
Antoine Omère, directeur d’exploitation Cap Créole
Et après ? D’autres entreprises pourront suivre
Cette première mission s’inscrit dans un partenariat entre I-NOVA et le CARIRI prévu pour durer plusieurs années. Les enseignements tirés de ce premier passage (ce qui a bien fonctionné, ce qu’il faut ajuster) serviront à préparer de nouvelles éditions et à ouvrir progressivement ce programme à d’autres entreprises guadeloupéennes candidates, dans l’agroalimentaire comme dans d’autres secteurs.

























