Le syndicat FSU dresse le bilan « insatisfaisant » de la rentrée scolaire 2026/2027.
Avant la mobilisation du 29 septembre, pour une « revalorisation salariale et des conditions de travail acceptables », le syndicat FSU a réuni ses troupes, samedi 19 septembre à la salle George-Tarer (Pointe-à-Pitre). Le syndicat, qui s’inscrit résolument dans une démarche de construction, face aux difficultés récurrentes, avait choisi de libérer la parole autour d’une problématique prégnante, la santé mentale au travail, avec l’éclairage de Raymond Otto, sociologue et anthropologue.
Classes surchargées, particulièrement aux Abymes, au Gosier, à Baie-Mahault, à Petit-Bourg…, chaleur persistante dans les salles, manque d’eau, violence, cantine scolaire défaillante, recrutement… Le bilan de la FSU est sans appel : « Insatisfaisant. Doit mieux faire ! »

Aux points énoncés par le syndicat, s’ajoute un constat accablant et lourd de conséquences : dans la pratique, l’école inclusive est loin d’être une réussite.
« En 10 jours, une quinzaine d’enseignants ont été frappés par des enfants en situation de handicap, déplore Eddy Ségur, secrétaire général de la FSU Guadeloupe. Nous accueillons énormément d’enfants en situation de handicap sans qu’il y ait les moyens. Il y a environ 5 500 élèves dans les classes pour à peine 3200 AESH*. Ces jeunes, très fragiles, font exploser leur colère. Des collègues n’arrivent pas à tenir la classe parce que certains élèves autistes n’acceptent pas d’être scolarisés. La problématique de l’inclusion rend encore plus difficile la rentrée scolaire. »
« Un climat de violence institutionnelle »
Le syndicat signale également la situation des contractuels « qui risquent de ne pas être payés, fin septembre, faute de contrat, poursuit Eddy Ségur. D’autres collègues sont en grande difficulté à cause de leur pouvoir d’achat. »
Pour ne rien arranger, cette année scolaire sera ponctuée par l’élection présidentielle : « Nous craignons de ne pas avoir de budget en décembre 2026 et donc de ne pas savoir quels moyens seront alloués à la Guadeloupe. »
Autant de points qui donneront lieu à des revendications lors de la grève du 29 septembre. « Nous sommes dans un climat de violence institutionnelle qui laisse présager d’une année compliquée, commente Eddy Ségur. Nous appelons à la grève pour la revalorisation salariale et pour des conditions de travail acceptables. Il est hors de question que nous continuions à être dans des écoles sans eau, qu’on accueille les enfants souffrant de handicap sans l’aide nécessaire. Quand vous avez 2, 3, voire 4 élèves en situation de handicap dans une classe, ce sont les 25 élèves qui malheureusement pâtissent de cette situation. »
Cécilia Larney
























