Opinion. La France insoumise réclame un plan d’urgence pour l’Éducation

PAR MALORY PEREC et WILFRID DEMONIO*

Depuis plusieurs jours, des lycéennes et des lycéens se mobilisent en Guadeloupe. Leur colère légitime exprime la dégradation des conditions d’enseignement et le manque de moyens de l’Éducation nationale.

Leurs revendications appellent des réponses et du dialogue, pas des pressions pour étouffer la mobilisation.

La France insoumise Guadeloupe dénonce avec la plus grande fermeté les interventions violentes des forces de l’ordre aux abords de plusieurs établissements. Cette démonstration de force policière n’apaise pas la situation et exacerbe au contraire des tensions déjà nourries par des décennies de violences institutionnelles.

Le gouvernement a le devoir de garantir le droit constitutionnel de manifester et d’assurer la sécurité des manifestants. Nous condamnons l’irresponsabilité du ministre de l’Intérieur appelant publiquement les forces de l’ordre à utiliser sans retenue tout leur arsenal. La vigilance collective est essentielle : nous appelons les lycéens à observer la plus grande prudence pour leur sécurité, et les parents, les professeurs et les adultes, à être si possible présents à leurs côtés, pour les protéger.

En Guadeloupe, 36,8 % des personnes de 15 ans ou plus ayant quitté le système scolaire sont sans diplôme ou titulaires du seul brevet des collèges, contre 25,1 % au niveau national (Insee, 2022). Ces inégalités sont le résultat de choix politiques et ces chiffres rappellent l’urgence d’investir massivement dans l’éducation plutôt que d’en réduire les moyens.

Depuis trop longtemps, la baisse démographique sert de justification à la suppression de postes et au non-remplacement des enseignants.

Les revendications actuellement portées par les lycéen·nes dans l’Hexagone, notamment dans les quartiers populaires, résonnent fortement en Guadeloupe où nombre d’établissements souffrent de problèmes structurels depuis de trop nombreuses années : bâtiments parfois vétustes et insalubres, salles insuffisamment ou non climatisées, interrogations sur leur mise aux normes parasismiques.

À cela s’ajoutent les difficultés liées au transport scolaire, qui rallongent considérablement les journées de nombreux élèves, et les coupures d’eau qui affectent gravement le fonctionnement des établissements scolaires.

La France insoumise réclame un plan d’urgence pour l’Éducation en Guadeloupe : recrutement et remplacement des personnels, rénovation et sécurisation des établissements, amélioration des transports scolaires et garantie d’un véritable accès aux études supérieures, sans sélection sociale par Parcoursup.

La France insoumise et ses militant·es de Guadeloupe se tiennent pleinement aux côtés des lycéen·nes et des enseignant·es mobilisés pour exiger les moyens nécessaires à une école publique, gratuite, émancipatrice et accessible à toutes et tous.

*Référents départementaux Communication LFI

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